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07/11/2020

L'altière philosophie des Upanishads

 

  Le brahman n'est ni définissable, ni descriptible, ni connaissable intellectuellement.  
Sri Aurobindo
 
     Les visionnaires de l'Inde antique (...) ont d'abord constaté qu'existe en fait sous le flot et la multitude des choses cette Unité suprême et stabilité Immuable (...). Ils en vinrent à savoir que Cela est le vrai Moi de toutes choses et que les phénomènes n'en sont que les vêtements et les atours. ils sont appris que cela est absolu et transcendant et, puisqu'absolu et transcendant, éternel, immuable, irréductible et indivisible. (...). Enfin ils ont constaté que ce qui est sujet à la causalité est nécessairement aussi sujet au Changement; mais l'Unité et Stabilité des choses est immuable; est maintenant la même que ce qu'elle était au début des âges et que ce qu'elle sera jusqu'à la fin des âges, et doit par conséquent transcender la Causalité.  
  Telle fut donc la première réalisation par le Yoga, nityo-'nityânâm, l'Un éternel dans le multiple passager.

  En même temps ils réalisèrent une autre vérité, une vérité surprenante : ils ont cons­taté que le Moi absolu et transcendant des choses est aussi le Moi des êtres vivants, est aus­si le Moi de l’homme, puisque celui-ci est le plus avancé des êtres vivant sur terre dans le plan matériel. Le Purusha, cet Ego conscient en l'homme qui avait intrigué et déconcerté les sâmkhiens, s'avéra être exactement le même, dans son être ultime, que Prakriti, la source apparemment non consciente des choses. Comme beaucoup d'autres choses, la non-conscience de Prakriti se révéla une apparence et non une réalité puisque derrière la forme, inanimée agit une Intelligence consciente qui aux yeux des yogins est lumineusement évidente en soi.
  Telle fut la deuxième réalisation par le Yoga, chétana-shchétanânâm, la Conscience unique en de multiples Consciences.
  Enfin, à la base de ces deux réalisations, il en fut une troisième, la plus importante de toutes pour notre race, c'est que le Moi transcendant en l'homme individuel est aussi complet que le Moi transcendant en l'Univers parce que c'est identiquement le même. En effet, le Trans­cendant est indivisible et le sens d'une indivi­dualité séparée n'est que l'une des apparences fondamentales dont dépend perpétuellement la manifestation de l'existence phénoménale. Ainsi l'Absolu, qui autrement serait hors de portée de la Connaissance, devient connais­sable, et l'homme qui connaît tout son Moi connaît tout l'Univers. Cette stupéfiante vérité est consacrée dans les deux célèbres formules du Védânta : so'ham, Je suis Lui, et aham brahma asmi, Je suis Brahman, l'Éter­nel.
  Sur la base de ces quatre grandes vérités, nityo-'nityânâm, chétana-shchétanâmâm, so'ham et aham brahma asmi, comme autant de puis­sants piliers, l'altière philosophie des Upanishads a dressé son front parmi les lointaines constella­tions.
 Vues à la lumière de ces quatre grandes illu­minations, les affirmations des Upanishads s'organisent en une parfaite harmonie.
[...]
Ce premier grand pas vers la réalisation du Brahman s'opère par la connaissance de Lui manifesté dans l'Univers phénoménal. S'il n'y a d'autre réalité que Brahman, l'Univers phénoménal, qui est évidemment une manifestation de quelque chose de permanent et d'éternel, doit être une manifestation de Brahman et de rien d'autre. Et si nous connaissons complètement cet Univers, nous connaissons dans une certaine mesure et d'une certaine façon ce Brahman, non pas comme une Existence absolue, mais dans les conditions de la manifestation phénoménale.
 Alors que la science européenne ne s'attache qu'aux phénomènes de la matière grossière, le yogin va plus loin. Il affirme avoir découvert un univers de matière subtile qui pénètre et entoure la matière grossière; cet univers vers lequel l'esprit se retire partiellement et pour peu de temps dans le sommeil, mais plus entièrement et pendant plus longtemps de l'autre côté des portes de la mort est la source où tous les phénomènes psychiques ont leur origine , et le lien qui relie cet univers subtil au monde maté­riel grossier se trouve dans les phénomènes de la vie et du mental. L'assertion du yogin est parfaitement positive et l'Upanishad la prend pour base comme un fait assuré et indiscutable bien au-delà de simples suppositions, inférences et spéculations. Mais il va plus loin encore et af­firme qu'il existe un troisième univers de matière causale qui pénètre et entoure à la fois le grossier et le subtil et que cet univers, où l'esprit se retire dans les états les plus profonds et les plus abyssaux du sommeil et de la transe, et aussi dans une condition lointaine au-delà de l'état humain après la mort, est la source d'où s'élè­vent tous les phénomènes.

Si nous voulons comprendre les Upanishads, il nous faut accepter, tout au moins temporairement, ces déclarations surprenantes pour nous ; en effet, c'est sur elles que s'édifie tout le système du Védânta. Or Brahman se manifeste dans chacun de ces Univers: dans l'univers de matière causale comme la Cause, le Moi et l'Inspirateur ou, en termes de poésie, Prâjna, le Sage -, dans l'univers de matière subtile comme le Créateur, le Moi et le Contenant, appelé Hiranyagarbha, l'Embryon d'or de la vie et de la forme; dans l'univers de matière grossière comme le Souverain, le Guide, le Moi et l'Aide, appelé Virat, le Brillant, le Puissant. Dans chacune de ces manifestations il peut être réalisé et connu par l'esprit de l'homme.

 
(Sri Aurobindo,Brahman et Maya dans les Upanishads)