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La création de ce site part du constat que chaque chercheur sur le chemin de l'évolution spirituelle est un trouveur potentiel ou effectif, pouvant dans un partage sincère de ses expériences, accomplir des ouvertures pour d'autres consciences en développement... Lire la suite

"ÉVEILLE-TOI AU NON ÉVEIL"


 « L'éveil seul connaît l'éveil », 
Dôgen, maître zen japonais du XIIe s.


Une des clefs pour l'éveil est de considérer qu’il n'y a pas d'un côté l'éveil et d'un côté le non-éveil.
Ce que l'on croît être le non-éveil est inclus dans l'éveil:
"L'éveil vient de l’absence d'éveil, ainsi éveille-toi au non éveil" (Hsing Ming, Le chant du cœur/esprit). C'est à-dire être totalement avec ce qui est. A fond. De plus en plus. Se poser, fermer les yeux et prendre conscience de ce que nous sommes, totalement, sans préjugés ni idées préconçues, comme faisant partie de tout ce qui est. Ce sont les concepts qui nous font nous échapper de la réalité. Nos concepts sur Dieu, l'Amour, l’Éveil et l'idée que nous nous en faisons. 

Comment et pourquoi avons-nous et entretenons-nous délibérément tous ces concepts s'ils nous empêchent d'être libres ?
Comme nous ne savons pas ce que c'est qu'être libre, nous nous faisons plein d’idées (fausses) à ce sujet et nous nous protégeons de cette réalité inconnue en usant du mental et de la faculté de conceptualiser. Les concepts sont les obstacles à notre éveil car nous pensons maîtriser ce que nous sommes en adhérant aux concepts et idées sur ce qu'est l'Eveil, l'Inconnu. C'est par peur de cet Inconnu que nous formons une forteresse de pensées et concepts qui nous donnent l'illusion d'être protégé de ce que nous ne pourrions contrôler de nous-mêmes si nous nous abandonnions à cet Inconnu indéfinissable. Nous ne laissons pas de place à ce que nous sommes vraiment parce que nous avons une définition de nous-mêmes qui nous limite, et ce, dans le but de gérer la peur de l'inconnu. Nous croyons ainsi pouvoir exercer le contrôle sur notre vie, nous-mêmes (l'idée que nous nous en faisons) et ce qui nous entoure, en gérant les limites que nous nous infligeons. Par définition, c'est l'énergie dépensée pour gérer ces limites qui nous empêchent d'investir des courants d'énergies plus vastes dans lesquels notre conscience pourrait émerger et s'éveiller à une réalité plus grande. De fait, le mécanisme de l'ego, par peur d'abandonner tout ce qu'il sait de lui-même en s'autolimitant, crée cette barrière protectrice que nous érigeons de façon illusoire face à la peur de l'inconnu. Cet inconnu qui est une porte sur l'Infini, accessible lorsque nous somme capable d'abandonner ce qui nous défini, notre ego. Ou tout du moins l'attachement exclusif à notre ego. 

En s'acceptant pleinement, en incluant tout ce que nous sommes comme étant tout ce qui est, on abandonne ces concepts que nous avons sur l'idée que nous nous faisons du monde à travers la vue étroite de notre conception du monde. En abandonnant ce processus de vouloir appliquer notre idée de ce qu'est la Réalité, nous nous abandonnons et nous nous ouvrons totalement à ce qui est.

"L'éveil vient de l'absence d'éveil". Tel peut être le point de départ pour se déconditionner des idées que nous entretenons sur l'éveil. Dans la quête pour l'éveil trop souvent le chercheur monopolise son énergie vers quelque chose à atteindre , à acquérir, mettant en oeuvre des conceptions sur ce qui est l'éveil et sur ce qui n'est pas l'éveil. Se libérer de toute idée sur l'éveil c'est faire une mise à jour intérieure, table rase, permettant d'intégrer tout ce que nous sommes, de libérer l'énergie pour la laisser s'épanouir vers l'investigation de notre évolution spirituelle plutôt que de la gaspiller vers toute la construction mentale qui s'opère autour de l'éveil. Autrement dit, une nouvelle base doit être définie en soi-même, à l'instar de l'antique Sagesse: "Nul n'est enchaîné, nul n'est libéré, nul ne cherche la libération".

Si nous maintenons l'idée d'un objectif à atteindre et son corollaire celui d'une séparation entre ce qui serait favorable pour notre éveil et ce qui ne le serait pas, alors nous ne pouvons pas nous éveiller à la Totalité, à tout ce qui est, à la réalité suprême. Tout ce que nous sommes, ombres et lumières, douleurs, souffrances, joies, qualités, défauts, sont inclus dans la totalité. Si nous cherchons à nous défaire de ce qui nous semble être préjudiciable pour notre éveil, nous créons et maintenons une dichotomie qui n'existe pas en soi et devient l'obstacle d'accès au vrai Soi. Accepter tout ce qui est, c'est s'accepter totalement, de plus en plus largement et profondément. Nous ne pouvons pas marcher à côté de ce que nous prétendons ne pas désirer être. Nous sommes, point. Nous sommes tous ce que nous sommes,  et ce que nous sommes est la somme de tous les nous.  Un autre éclairage dans ce sens est formulé par Sri Aurobindo: "La libération c'est la possession de soi-même". Une méditation assidue sur cette vérité peut nous faire immerger dans la Conscience et nous permettre de réaliser que nous sommes cette Conscience immuable qui contient tout. Nous réalisons que notre corps physique est contenu dans cette conscience et que nous ne sommes pas ce corps exclusivement. La possession de soi-même, c'est rassembler toute notre énergie et notre conscience, intégrer tout ce qui nous forme et le réunir en soi, l'accepter, l'inclure, l'intégrer. En rejetant des aspects de nous-mêmes que nous décrétons ne pas être conformes aux critères que nous conceptualisons sur l'éveil, nous gaspillons notre énergie. Au lieu d'être homogénéisée vers la pleine réhabilitation de notre véritable nature, nous gaspillons notre énergie à manipuler une réalité que nous voudrions être conforme à nos projections. Il en découle des zones d'ignorance dans notre conscience qui font obstacle à la pleine reconnaissance de l'omniprésence et omnipotence de la Conscience. Accéder à un potentiel énergétique plus grand permet de déceler ce que nous occultons dans notre propre conscience. Ce potentiel énergétique peut être activé par la méditation ou toute autre pratique nous permettant d'accéder à un accroissement de conscience et d'énergie. L'aspiration, l'invocation, et la reliance à des énergies supérieures peut nous y aider. L'énergie permet alors d'éclairer, de rendre visible, de voir ce que nous refusons d'affronter et envers quoi nous luttons, en nous y opposant en permanence. Le refus d'inclure ce que nous décrétons ne pas être propice pour nous-mêmes (selon nos concepts limitants), crée un conflit qui se résout en accédant à une vision plus fluide, plus énergétique de la situation et de l'intégrer comme partie de nous-mêmes; à ce moment-là plus de conscience et d'énergie se libèrent et nous éveillent davantage à ce qui est. En intégrant à des niveaux de plus en plus stables la vision d'une situation préoccupante en tant qu'énergie, nous sommes à même de modifier cette situation avec l'énergie de notre conscience et de l'inclure comme partie de nous-mêmes qui grandit et s'éveille vers plus de lumière. Observer les ombres plutôt que de les refouler, et les inclure naturellement et les laisser être en nous-mêmes pour se transformer par la vision consciente.

Il est nécessaire de faire aussi attention à la tendance de percevoir la relation à Dieu (l’Absolu, la Conscience suprême) dans une relation duelle. Cela entraîne l'illusion d'être séparé de Dieu. Dieu est tout, tout est Dieu, y compris les jugements que je porte sur ce que je ne crois pas être Dieu (sentiments, pensées, émotions, soi-disant imperfections...), y compris ce que je perçois comme étant l'absence d'union au divin; Dieu est présent dans l'absence aussi bien que dans la présence, tel est le jeu de la relation au divin. Parfois l'absence (l'absence de ressentir qu'Il est là, que nous sommes uni à Lui) a pour conséquence de révéler que même cette absence est Sa présence par le divin jeu qu'Il entretien avec nous. Alors plutôt que de courir après la possession de Sa présence, nous nous abandonnons au jeu salutaire (pour notre ego) de la relation absence-présence à Lui , et de tous les modes sur lesquels Il fait jouer les différents aspects de Sa relation avec nous. Il y a un perpétuel jeu d'Amour divin qui occupe de plus en plus notre conscience et habite de plus en plus notre vie. L'appel n'en devient que plus intense et ce jeu devient l'essentiel de la relation au divin. Alors la question de l'éveil ne devient qu'une conception désuète, qui n'a de sens en soi que la valeur  arbitraire que nous lui attribuons.

Par conséquent, "Éveille-toi au non éveil" peut aussi être envisagé comme une invitation à réfléchir sur ce que cette notion d'éveil véhicule pour nous-mêmes, une invitation à élargir le champ de notre investigation au-delà des concepts communs attenants à cette notion, à ouvrir le plus largement possible les dimensions de la quête spirituelle, dans des sphères incluant toutes les gammes de la vie. 
Si l'on recherche l'éveil ne restons pas que d'un côté du miroir, recherchons aussi dans le relief inversé de la notion d'éveil. Posons-nous la question de ce que signifie "éveille-toi au non éveil" et "l'éveil vient de l'absence d'éveil". Nous savons trop bien d'un point de vue conceptuel ce que signifie l'éveil par toutes les notions que nous avons entendus et lus et à ce sujet, alors posons nous maintenant la question de ce qui ne serait pas l'éveil et investissons notre quête dans le sens que propose Hsing Ming: "L'éveil vient de l’absence d'éveil, ainsi éveille-toi au non éveil".

Un autre aspect important dans l'évolution spirituelle lorsque l'on est éveillé à l'Absolu, et que nous nous y sommes unis, est de se méfier du  piège tentant, pouvant survenir à certains moments, de se prendre pour cet Absolu, de se prendre pour Dieu lui-même. En effet, l'ego est toujours là, tapi, prêt à sauter sur la moindre occasion de tout récupérer à son compte pour asseoir sa soif de pouvoir, etc. Même en étant uni à Dieu il faut se reconnaître comme étant l'enfant de Dieu, le Fils du Père...l'enfant de la Mère Divine (l'aspect du divin dans sa totalité manifesté et non-manifesté). Normalement ce sentiment vient de lui-même dans l'union au divin, mais il faut s'en souvenir par la suite et, s'il ne vient pas tout seul, se considérer comme enfant du divin est un garde fou contre l'inflation de l'ego.

Infini est le voyage vers l'Infini ...

Sylvère
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