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13/04/2020

Qu'est ce que s'abandonner au Divin? Qu'est ce que l'aspiration?


Je m'incline devant Toi, derrière Toi et Te salue de tous les côtés, ô Toi qui es le Tout. infini dans Ta puissance, illimité dans Ton action, Tu pénètres tout - en vérité Tu es tout et chacun. 
Bhagavad Gita, XI,40.

S'abandonner au Divin est un mystère. Mentalement on peut concevoir de s'abandonner au divin, mais c'est purement mental, intellectuel et ça ne produit rien dans la sadhana. Tout juste s'accrocher à des concepts qui au final produisent l'inverse. S'abandonner au Divin c'est déjà s'abandonner à ce qui est, sans vouloir changer quoique ce soit, tout en aspirant, intensément, par un sentiment qui part du coeur et de l'être profond , appelant vers le haut. Voilà la seule attitude que l'on peut décrire pour pratiquer ce mouvement vers le Divin. S'abandonner au divin survient donc de  multiples façons. Et lorsque s'effectue le contact avec le Divin, avec cette réalité qui est l'essence de toute chose, il y a un triple mouvement d'abandon. Le premier mouvement est de s'abandonner à ce que nous ne pouvons concevoir, ne pouvons saisir ni appréhender, ni connaitre, le mental se tait, ou du moins nous le laissons faire sans lutter ni s'identifier, il passe en second plan, acceptant son manège mais en le laissant se satisfaire lui même de ce qu'il est sans lui apporter de consentement, ni l'alimenter, ni chercher à le contrôler ou le tarir. Il est, un point c'est tout, mais il y  aussi une présence au-dessus de lui, plus large que lui, plus profonde que lui qui est là en soi, et notre attention se tourne alors pleinement vers cet espace en nous qui est pure perception et conscience de ce qui est. Le second mouvement c'est l'abandon au moment où le contact avec cette Conscience suprême, essence de toute chose, survient. Arraché à notre réalité ordinaire nous sommes soudainement aspiré par la réalité suprême, cette conscience absolue essence de toute chose et nature véritable de tout.  Chacun de ces moments d’absorption dans le divin est une retrouvaille de l'essence de tout, de l'identité véritable, qui n'est pas "notre", mais qui est celle qui est. Il n'y a plus de notre, mien , mon, tien. Aucun pronom possessif ne l'accompagne. Je suis cela au sens ontologique, le je n'est plus le je nominatif,  il n'est qu'une forme conventionnelle pour exprimer, communiquer avec le langage le témoignage de cette ontologie . Cette soudaine aspiration en la divinité peut se manifester de multiples manières, d'une infinité de manières probablement, et constitue le phénomène de l'expérience spirituelle, de l'expérience d'éveil à cette réalité. Peut importe ce phénomène, il nous révèle l'essence et c'est cette essence, cette conscience, ce divin qui est l'essentiel. Chacun de ces moments en prépare d'autres, pour intégrer la divinité plus largement, intégrer la conscience plus profondément, embrasser les multiples aspects de cet Etre et les découvrir à mesure de ce dont nous sommes capables. Et hormis ce Divin , nul autre ne peut connaitre ce dont nous sommes capables, rien ne nous donne le droit de revendiquer que ce soit de plus rapide, plus globale, plus parfait. Seule la sincérité de notre aspiration et par conséquent de notre abandon à ce processus permet de nous remettre entre les mains de celui qui sait et d'accepter ce qu'Il décide. Tout comme l'aspiration et l'éveil peuvent se manifester de façon si inattendue, si soudaine, parfois si violemment, ne correspondant à aucune conception ni attente que nous avions de comment tout cela se produirait. L'aspiration peut aussi s'effectuer de manière subconsciente et ressurgir dans le sommeil où la volonté et le mental au repos permettent de laisser place à cette intentionnalité profonde et sous-jacente de notre psychisme, et se manifester au travers de notre être sans avoir aucune prise dessus par la saisie mental ou la volonté. Un rêve semi- conscient d'aspiration à un aspect du Divin, qui se manifeste selon notre ishta devata, tel que Krishna, peut monter dans le sommeil et cette aspiration peut se manifester sous une véhémente intention d'appeler  celui vers qui notre âme est attirée, alors dans ce rêve semi conscience, l'intention du psychique se manifeste par le bras tendu et le poing levé hurlant à Krishna de venir, (presque un appel de colère mélangée à de l'imploration hurlante), et soudainement le rêve semi-conscient devient conscient et laisse place à une expérience de type mystique:  d'en haut un double fracas de tonnerre déchirant les sommets au-dessus de soi, illuminant d'un éclair blanc l'espace entier au dessus de soi et en soi, et soudain Krishna-foudre, Krishna-tonnerre, se manifeste en une tornade qui devient un tourbillon d'une attraction énorme qui aspire, arrache, en un mouvement d'une intensité et d'une rapidité inouïe, emportant dans ce souffle irrésistible aspirant et tourbillonnant la partie subtile de l'être vers ces hauteurs. Tout est balayé, rien en soi ne résiste, et la sensation est de s'envoler aspiré par ce tourbillon en voyant la paroi intérieure de la tornade défiler à vive allure. Très vite l'abandon est obligatoire, aucun mouvement de résistance n'est à envisager, les sensations subtiles, y compris celles du corps font instantanément comprendre que toute opposition serait vaine, contre-productive, voir même douloureuse, et éventuellement dangereuse pour l'ajustement corps subtil-corps physique.  Rien en soi ne peut résister à l'intensité et à la violence du phénomène. L'abandon est automatique et le tourbillon aspire l'être psychique hors du corps physique et le transporte pour l'approcher au plus près de cette conscience suprême, au plus près de ce que nous sommes capable d'approcher, apportant ainsi l'essence de cette expérience: la Conscience Divine vers laquelle l'être veut aspirer, tend à aspirer. Et cette conscience divine répond avec la force et l'intensité proportionnelles à celles de l'appel intérieur.  Alors rien de ce qui est dans ce monde ne prend d'importance au regard de cette puissance et de cette force divine capable d'un tel pouvoir d'attraction. Coronavirus ou pas, Covid-19 ou pas, lutte dans la vie quotidienne ou pas, soucis important du quotidien ou pas, le regard et l'être sont après coup portés vers cette essentialité divine et celle-ci accroit l'intensité de l'aspiration vers l'absorption de tout ce que je suis en ce Divin Krishna, en la Divinité suprême. Telle fut la surprise saisissante de ce Krishna-foudre dans cette nuit du 10 au 11 avril 2020, en pleine période d'intenses évènements extérieurs harassants à gérer et submergeant le mental au quotidien. Mais malgré les énormes préoccupations du mental et les pressions qui en découlaient, une braise psychique était entretenue par des moments d'aspiration au Divin, des lectures de passage de la Bhagavad Gîta débutées les deux jours précédents, des méditations, et des centrages en laissant être ce qui est. L'abandon aux énergies de la nature et le contact physique quotidien avec la terre s'harmonisait dans l'être, favorisant l’équilibre des énergies, et la monté en soi d'énergies puisées dans l'éveil printanier, et peut être l'influence encore récente de la pleine Lune, traditionnellement associée à Krishna (d'ailleurs la naissance de Krishna est célébrée le huitième jour de la lune décroissante en juillet-aout), ou encore l'approche du nouvel an hindou fêté le 14 avril 2020 ( Nava-Varsha Nouvel An solaire hindou cf. ce lien: Comprendr le calendrier hindou). Pourquoi pas une combinaison de tous ces facteurs, ou peut être aucun! On ne sait pas! Le troisième mouvement d'abandon est ensuite d'accepter d'abandonner toute saisie, de s'abandonner à l'abandon de tout, y compris à accepter l'abandon de cette présence et ne pas chercher à la maintenir, mais aspirer comme un quêteur de l'infini et prendre conscience que la relation au divin devient cette unique mouvement de quête s'opérant dans un jeu de cache-cache où l'inattendu a toujours le dernier mot; et on peut jouer le jeu de la vie sans avoir peur d'être terrassé par quoique ce soit de cette vie, puisque celui qui nous terrassera au final c'est le Divin lui-même; et sa puissance est telle qu'il est naturel de s'abandonner à Lui et de laisser faire ce qui est, car c'est Lui qui est ce qui est. Tout alors quotidiennement devient un rappel à sa présence, une stabilité en soi de s'en remettre à sa présence, qu'elle soit perceptible ou non - peut importe- ce qui importe c'est qu'il devient le Maître de notre vie et que l'on s'y abandonne, continuant à vaquer à nos occupations, en laissant un peu plus de place à la contemplation de ce Divin, à se souvenir qu'il est là, à neutraliser les activités du mental en laissant émerger cet aspect de Soi qui reconnait partout ce Divin, et se reconnait partout en ce Divin, à ne pas  laisser les préoccupations et les angoisses du moment prendre le-dessus ou si elles émergent les remettre au Divin, et devenir stable en ce Divin. A ne pas se préoccuper de comment les évènements du monde vont se manifester, quelles tournures ils vont prendre, ni chercher à vouloir contrôler quoique ce soit pour parfaire la situation, car cela semble vain et l'intuition est le seule guide. Celle-ci se développe naturellement en se remettant de plus en plus Divin, et au ressenti intérieur. Rester centré, détendu, serein et conscient, sans chercher à provoquer quoique ce soit d'expérience ni de résultat à obtenir, sans chercher à bien pratiquer ou quoi que ce soit de ce genre, ou ni même à éviter les soit disant erreurs. Bref, tous ces processus qui tendent au final à s'éloigner de l'Absolu, de l’Être, du Divin. La sadhana consiste à se remettre à cette essence absolue, quelle soit envisagée comme conscience, ou comme divin, peut importe les approches, cette présence existe, elle est, elle est  tout.

Sylvère