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La création de ce site part du constat que chaque chercheur sur le chemin de l'évolution spirituelle est un trouveur potentiel ou effectif, pouvant dans un partage sincère de ses expériences, accomplir des ouvertures pour d'autres consciences en développement... Lire la suite

13/11/2020

Le pouvoir des plantes

 


    

Les plantes, dans leur être physique, ont une aspiration plus grande que les hommes. Leur vie tout entière est une adoration de la lumière. Naturellement, la lumière est le symbole matériel du Divin, et le soleil représente, en certaines conditions, la Conscience suprême. Les plantes ont senti cela très distinctement, à leur manière aveugle et simple. Et leur aspiration est intense, si vous savez la voir.

La Mère

                                 


    J'écris cet article après plusieurs années de réflexions. Il peut avoir son utilité pour tout chercheur sur la voie de la libération, de la quête de la vérité, il est loin d'être exhaustif et ne fait bien sûr pas le tour complet de la question. 

    Pour certaines personnes l'expérience avec les plantes psychotropes peut être positive, mais ce n'est pas le cas pour tout le monde, et peut même comporter des dangers.

    Bien que l'expérience puisse être souvent bénéfique, l'enjeu principal est de devenir autonome par rapport à toute substance.

   Cette attitude est à acquérir vis à vis des plantes sacrées ( Ayahuasca, Iboga, Mescalito, Ange de la mort ,  etc ... ) ou autres pratiques à partir de substances naturelles puissantes (rituel Kambo), et  aussi vis à vis de la pratique spirituelle en générale. Souvent l'approche par ces substances des règnes végétal ou animal devient une utilisation consommatrice pour accéder à des états de conscience, et s'y ajoute le fantasme de se purifier. La consommation se confond avec la véritable pratique et s'y substitue, car l'effet systématique et soudain des plantes de pouvoir est séduisant. L'usage traditionnel de cs plante est associé à des rituels complexes et ancestraux.    Ayant vu et vécu le coeur des rituels des indiens Huichols, Victor Sanchez dans Les Enseignements de Don Carlos met en garde le lecteur et l'aspirant chaman , précisant que "Tout ce que fait l'amateur de stupéfiants, en consommant les "plantes de pouvoir" utilisées par les Indiens en quête de connaissances pendant le déroulement de leurs rites, c'est de convertir les vertus de ces plantes (peyotl, toloache, champignons hallucinogènes, semillas de la Virgen, etc.) en une sorte d'ivresse un peu étrange qui, bien loin de l'aider à se dépasser, renforce ses limites. Cette ivresse est une fuite, plutôt qu'une rencontre avec la réalité." Et, comme le rappel  Victor Sanchez,   "ce n'est pas tout simplement, comme certains le croient, parce qu'ils mangent le peyotl que les Huichols peuvent incarner leurs mythes au cours du rituel."

 

     Bien sûr il n' y aucun doute sur le vécu des Extases Infinies, des Espaces Merveilleux et extraordinaires dans lesquels l'aspirant se retrouve et cherche à renouveler autant qu'il le peut par l'intermédiaire de ces plantes.

    C'est très difficile pour le chercheur de ces mondes merveilleux accessibles par les plantes de parvenir y renoncer.

     Ce sont  des états tellement captivant, extatiques que s'en affranchir est très douloureux. Il faut une grande volonté, ou être bien aidé et soutenue. La voie des plantes médicinales non psychotropes peut s'avérer dans ce cas être la voie de secours. Il existe un grand nombre de plantes - non toxiques d'ailleurs - que l'on trouve dans nos chemins, prés et jardins, pouvant contribuer à renforcer nos corps énergétiques et à développer des capacités intérieures. Leur préparation et emploi est très varié, de la simple infusion par la chaleur du soleil jusqu'à la spagyrie en passant par les fleurs de Bach ou les gemmothérapie, sans parler de nombreuses utilisations intuitives que le chercheur peut trouver en écoutant les plantes... Leur utilisation nécessite de la patience et n'est pas soudain ; et beaucoup moins spectaculaire comme avec les plantes de pouvoir psychotoniques, psychoactives. Mais en contre-partie elles ne sont pas violentes, il n' y a pas d'effets secondaires altérant les fonctions cardiaques ou respiratoires, ni de manifestations purificatrices intenses et désagréables, voir indésirables et anxiogènes. Elles ne font pas accéder à des soudaines visions ni dérèglement des sens, et encore plus important, n'usent pas le système nerveux, au contraire, leurs vertus médicinales sont bénéfiques au corps et au psychisme. Elles peuvent renforcer nos organes maîtres que sont le cœur et le cerveau et bénéficier au système métabolique entier et même énergétique, et développent les perceptions extrasensorielles en ouvrant et renforçant les centres d'énergie. La pharmacopée traditionnelle chinoise, indienne et aborigène d’Australie et d'autres continents en est le témoignage vivant, traversant les siècles.

 

      Mais que ce soit de façon consciente dans un pratique spirituelle ou à notre insu (dans une utilisation de défonce ou récréative), nombreux sont celles et ceux qui ont pu faire l'expérience des plantes de pouvoirs psychotropes. Avant mon cheminement, il y a plus de 25 maintenant, j'avais fait l'expérience du pouvoir de ce type de plante disponible et consommable légalement dans un pays où je m'étais rendu. Quelque part cette expérience a contribué à me mettre sur la voie. La plante de Shiva, en l'utilisant trop fortement et sous sa forme naturelle pure, m'a fait entrevoir des mondes et fait vivre des expériences spirituelles initiatiques. Outre certaines visions me transportant dans d'autres mondes où des êtres spirituels venait à ma rencontre, j'ai perçu que chaque plante de pouvoir avait sa divinité, son dieu tutélaire rattaché à la plante. Dans mon expérience il fut très clair de le percevoir et de prendre conscience que la plante n'était qu'un moyen, qu'une marche, pour me faire entrevoir cette réalité sous-jacente. Les états que je vivais avec cette plante de Shiva, les visions, les clairaudiences, les sensations de décollages et de planer, de voler en esprit, d'entrer en contact avec d'autres réalité, d'autres mondes, alors soudain à travers la plante la divinité se manifestait et me disais : ce que tu vis là tu peux le vivre sans ces plantes, il existe un chemin pour y accéder sans les plantes, sans artifices, sans mettre la santé en danger. Un ensemble de concours de circonstances me mis ensuite sur la voie. (Voir l'article Sortie hors du corps ). 

     L'interaction avec les plantes se développe avec la sensibilité. Une sensibilité à l’énergie des plantes, à leur essence, nous permet d'entrer en lien avec elles par le ressentie, la communion. Les plantes de pouvoir peuvent ainsi être ressentie, en énergie, soit concrètement dans le champ de leur présence physique directe, soit de façon abstrait, dans le pure ressentie énergétique de notre conscience. Nul besoin alors de les utiliser chimiquement.  Et cela cela développe un respect prudent envers elles, un sorte de respect sacré relié à la conscientisation de leur pouvoir perçu par le ressentie. Ces plantes  nous enseignent ainsi que la nature est habitée, constituée, de forces puissantes et chaotiques, qui ont des pouvoirs de construction ou destruction et que nous devons respecter et accepter en toute humilité.  Nul besoin d'ingurgiter des préparations à base de ces plantes psychotoniques pour atteindre leur enseignement, une relation consciente et sacrée envers elles peut véhiculer cet enseignement, comme avec toutes plantes.

 
      Les expériences aussi belles soient-elles n'ont que peu d' intérêt, si notre propre vie ne change pas en conséquence, notre vie intérieure principalement, c'est à dire ce que nous sommes. Le cheminement de chacun est de créer sa vie incarnée dans le quotidien. C'est la spiritualité authentique. Il ne s'agit pas de se réfugier dans des mondes extatiques mais de vivre la plénitude et la conscience au quotidien.
Une discipline et un entrainement assidue est nécessaire pendant tout une vie pour que les Naguals Yaquis ou les indiens Huichols atteignent la vision véritable et une meilleur façon de vivre. Les valeur ancestrales de transmission et de  communauté en sont le cœur et les gardiens de la connaissance ont une attention et une écoute pour chaque membre de la communauté.

    Que ce soit par les plantes ou par la méditation le but n'est pas de chercher à revivre des états merveilleux, à retrouver et répéter des états d'être extraordinaires. Telle ou telle expérience ou état spécifique n'est pas le but de la méditation, de la réalisation spirituelle. La réalisation spirituelle consiste à se libérer de tous les états, les chercher systématiquement à travers toutes sortes d'expérience ou de pratiques condamne le chercheur à errer sans fin, à la stagnation voir la régression. La découverte de notre Soi, de notre conscience éveillée, du Divin en soi et en tout, est le seul but. Les mondes intermédiaires peuvent nous en éloigner, où nous piéger en nous y attardant à force d'accoutumance et dégrader notre santé physique et mentale en s'attaquant à notre discernement. Le pouvoir des plantes ne doit être utilisé que comme un tremplin. Non seulement l'usage effréné et systématique est contre productif pour notre évolution spirituelle, mais il peut s'avérer dangereux sur le plan psychique et physique. L'atteinte  à l'intégrité du corps peut être un signal d'alarme indiquant qu'il est nécessaire d'arrêter. Un chercheur me faisait part de son témoignage il y a quelques années, dont voici un extrait:

 

"J' ai décidé d' arrêter.

 

Cela fait plusieurs fois qu' on m' envoie des message pour me dire que je suis allé beaucoup , beaucoup , beaucoup trop loin , dans l' excès vis-à-vis de ça ...

 

On m' a dit que je risquais de mourir si je continuais, que mon coeur est très, très  fatigué et risque de lâcher d' un instant à l' autre ...

 

Je risque de mourir d' une crise cardiaque , si je continue ... Et je le sens .

 

Je reconnais enfin que j' ai une dépendance vis-à-vis de ces plantes ( pas physique , mais psychologique ) , une  dépendance à vivre des expériences fortes , une dépendance à l' extase , une dépendance à l' intensité ,...

 

J' avais décidé en juin dernier d' arrêter , et puis ces derniers mois j' ai repris mes expériences. J' ai repris ces plantes en quantité vraiment non raisonnables.

 

Mais là j' ai eu peur , j' ai senti vraiment que je risquais de mourir et qu' il faut que j' arrête tout.

 

Les plantes sacrées utilisées en pleine conscience , en étant guidé par l' Amour qui est en nous , peuvent permettre des vraies prises de consciences , d' ouvrir des portes , de guérir des blessures ... Mais utilisées avec manque de consciences ( cela a été mon cas ) elles peuvent devenir néfastes ..

Petit à petit j' ai donné mon pouvoir à la plante.

Au lieu de laisser la plante être à mon service, j' ai donné mon pouvoir à la plante et à certains égrégores .

 

C' est difficile et douloureux à reconnaitre, mais pourtant c' est la réalité pour moi.

 

Comme tous les excès , cela devient néfaste.

 

En tout cas , j' aurais été prévenu de façon très claire et indiscutable ..."

 

      C'est un témoignage précieux je pense. Il faut être attentif à écouter ces messages dès qu'ils se manifestent et ne pas attendre de trop tirer sur la corde. Si la plante nous parle directement, (ou sa divinité tutélaire) alors il faut être à même d'entendre ce message et d'en tenir compte.  Carlos Castaneda est clair à ce propos. "Après ma période d’ingestion continue de plantes hallucinogènes, Don Juan arrêta totalement son usage." 

      Le Nagual Don Juan le guide au départ avec l'appuie des plantes, uniquement et simplement dans le but de lui faire entre-apercevoir le chemin, et pour le déconditionner de son mental rationaliste avant de pouvoir s'engager sur la voie sans aucune entrave. "Au début Don Juan comptait fortement sur l’ingestion de plantes hallucinogènes, apparemment nécessitée par la persistance de mon côté rationnel.

Il n'est question de cet usage que dans le premier livre "L'herbe du diable et la petite fumée ". 

     Ensuite la voie du Nagual est de maîtriser la conscience sans béquille extérieure. "Don Juan comptait fortement sur l’ingestion de plantes hallucinogènes, apparemment nécessitée par la persistance de mon côté rationnel. L’effet fut épouvantable, et de plus retarda la recherche de l’interruption. Le fait que les plantes étaient hallucinogènes offrit à ma raison la justification parfaite pour réunir toutes ses ressources disponibles afin de continuer à exercer le contrôle. J’étais convaincu que je pouvais logiquement expliquer comme des distorsions perceptives causées par l’ingestion d’hallucinogènes tout ce que j’expérimentais au cours des exploits inconcevables que Don Juan et Don Genaro avaient l’habitude de faire pour créer les interruptions. Don Juan disait que l’effet le plus remarquable des plantes hallucinogènes était que chaque fois que j’en ingérais, j’interprétais leur effet comme l’impression particulière que tout autour de moi suintait une richesse surprenante. Il y avait des couleurs, des formes, des détails que je n’avais jamais aperçus auparavant."  

    Tout au long de l'initiation de Don Carlos Castaneda, à travers la progression retranscrite dans les livres suivants, il n'est plus question de Peyotl (Humito), de  chamico (Datura Inoxia) ou autres plantes hallucinogènes (qui modifie la perception et l'interprétation que l'on a de ces perceptions). Don Juan Matus le rappelle régulièrement à son apprentis et la pratique consiste ensuite à se défaire de tout attachement à des état, visions, mondes, phénomènes énergétiques. C'est ainsi que dans L'Art de rêver, l'apprentissage consiste à ne pas se faire piéger par les êtres inorganiques qui par leur pouvoir de projection de conscience créaient les mondes intérieures dans lesquels le Nagual évolue et doit apprendre à ne pas se laisser soutirer l'énergie ni à se laisser abuser par le monde subtil dans lequel il se trouve. Bien sûr l'ultime apprentissage est de conduire l’aspirant Nagual à ne pas se laisser piéger par se propres perceptions ni par leur interprétation, et de voir et prendre conscience tout ce qui le tien en esclave pour ensuite pouvoir se libérer.

Concha Labarta et Odile Delagrange dans « Incroyable mais scientifique » - 1995,  évoque une anecdote à méditer:

"Un grand gourou des drogues des années 60 a déclaré il y a peu de temps, qu'il avait découvert une drogue terriblement familière permettant de "planer" 24h/24 et cette drogue c'est la sénilité. Si la seule chose qui nous attend avant de mourir c'est la vieillesse et la sénilité, alors l'ordre social nous a menti en nous faisant croire que nos possibilités dans le monde de chaque jour étaient multiples et extraordinaires. La vision de Don Juan était d'atteindre cette multiplicité d'options niées en annulant les effets de notre système d'interprétation. Ceci est la "moelle" de ses enseignements."

    Les Nagual Don Juan Matus, Don Genero et Silvio Manuel sont impeccables, ils montrent progressivement les dangers qui guettent le Nagual dans son apprentissage, et le mettent même en garde contre les abus de pouvoir des anciens sorciers, les Naguals du passé, qui ont tellement acquis de pouvoir et su maîtriser l'énergie qu'ils se sont laissés eux-mêmes abusés par leurs capacités phénoménales et monstrueuses, les écartant de l'Humain, les écartant de la Voie.

    Pour conclure j'invite à relire le Commentaire par Guy CORNAU dans LA GUERISON DU CŒUR page 268-269 , éd Buchet-Chastel du propos de  Chogyam TRUNGPA dans : Cutting Trough Spiritual Materialism (COUPER COURT AU MATERIALISME SPIRITUEL) :

"Chogyam Trungpa affirme que, si l’on veut produire des transformations intérieurs de la même façon qu’on devient  millionnaire , on ne fait que pratiquer une sorte de matérialisme égocentrique qui accumule des expériences spirituelles au lieu d’amasser des dollars.

La perspective est décapante. Trungpa remet en question tout effort de développement personnel. Selon lui, cet effort est guidé par la peur et il consiste essentiellement en une tentative individualiste et capitaliste aux fins d’obtenir un gain pour soi-même. Au lieu de mettre l’accent sur l’accueil sans jugement de ce que l’on est, cet effort fait tendre l’individu vers ce qu’il n’est pas. Nos vieux schémas de comportement mènent alors le bal . Il y a concentration sur l’avoir au lieu d’une réalisation de l’être. Et , pour parvenir à cette réalisation de l’être , Trungpa dit qu’il n’y rien d’autre à faire que de s’accueillir simplement pour prendre conscience de la perfection de ce que l’on est déjà .

      Si je n'avais qu'un seul conseil, c'est de tenir en  un respect absolu les plantes de pouvoir à effet hallucinogène et ne pas penser à les "utiliser" , les "employer", en faire "usage", mais être dans une attitude d'interaction mutuelle, en lien sacré, à l'écoute. Elles sont les plantes des dieux et doivent être approchées avec humilité, avec conscience, et nous devons entrer en rapport avec elles avec délicatesse et parcimonie.  Nous ne devons pas oublier les plantes qui nous entourent et envers qui nous devons aussi un respect inaltérable et les préserver de toute exploitation, ne pas oublier ce qu'elles nous donnent et peuvent nous donner.

La où il y a une plante il y a un chemin,  Le chemin de la Vie.

Sylvère