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Du genre ou des idées -"solertia decori"-



 Giambattista Vico (1668 – 1744)
 DE L’ANTIQUE SAGESSE DE L’ITALIE RETROUVÉE DANS LES ORIGINES DE LA LANGUE LATINE.
CHAPITRE II Des genres ou des idées, ("solertia decori")

Les vrais historiens, ce ne sont pas ceux qui racontent les faits en gros en se bornant aux causes générales, mais ceux qui poursuivent les faits dans leurs dernières circonstances, et dévoilent les causes particulières. Dans les arts d’imitation, comme la peinture, la sculpture, la plastique, la poésie, la perfection c’est d’ajouter au type que l’on a pris dans la nature vulgaire, non pas de vulgaires circonstances, mais de nouvelles et de surprenantes ; ou bien encore on emprunte le sujet à un autre artiste, pour l’embellir de traits nouveaux et plus poétiques, et de cette manière on le fait sien. Or, on peut imaginer ces archétypes comme meilleurs les uns que les autres ; les platoniciens ont pu construire leur échelle d’idées, et remonter de degrés en degrés, par des idées de plus en plus parfaites, jusqu’au Dieu très bon, qui contient en soi les très bonnes. Enfin la sagesse elle-même n’est autre chose qu’un art du beau et convenable (solertia decori), un art par lequel le sage parle et agit de telle manière, dans toute occurrence, que rien autre, pris d’ailleurs, n’y conviendrait aussi bien. Le sage discipline en quelque sorte sa propre pensée par un long et fréquent usage de l’honnête et de l’utile, de manière à recevoir telles qu’elles sont en elles-mêmes, les images des choses qui se présentent à lui pour la première fois ; ainsi il est également prêt, selon l’occasion, à parler et agir en toutes choses avec dignité, son âme est toujours préparée contre toute terreur inattendue. Or ces choses nouvelles, surprenantes, inattendues, les genres et les universaux ne les font pas prévoir. À cela revient assez bien le langage des écoles qui appellent les genres matière métaphysique, si on entend par là que l’esprit devient par les genres comme un sujet sans forme qui en recevra d’autant plus aisément les formes spécifiques ; en effet, celui qui possède les genres, ou idées simples des choses, perçoit plus aisément les faits que celui qui s’est meublé l’esprit de formes particulières et qui s’en sert pour en juger d’autres également particulières ; une chose à forme déterminée ne peut guère s’appliquer à une autre pareillement déterminée. Aussi c’est une méthode dangereuse que de prendre des exemples pour règle de ses jugements ou de ses délibérations ; il n’arrive jamais ou presque jamais que les circonstances coïncident en tout point. Voici donc en quoi consiste la différence entre la matière physique et la matière métaphysique. Quelque forme que revête la matière physique, elle revêt toujours la meilleure possible, puisque, par le chemin qu’elle suit, c’était la seule qu’elle pût rencontrer. Mais pour la matière métaphysique, puisque les formes particulières sont toutes imparfaites, c’est comme genre et idée qu’elle contient la meilleure.