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Évolumière...

Évolution et Lumière, évolution dans la lumière et par la lumière!

La création de ce site part du constat que chaque chercheur sur le chemin de l'évolution spirituelle est un trouveur potentiel ou effectif, pouvant dans un partage sincère de ses expériences, accomplir des ouvertures pour d'autres consciences en développement... Lire la suite

Etes-vous éveillés?



Il n'y a pas "l'être éveillé"
et "l'être dans l'ignorance"...
La personne qui se dit "éveillée"
se donne une position !
 Ma Ananda Moyi


Pour le disciple mûr, en principe, le fait de savoir si le maître est ou non pleinement éveillé ne devrait même pas importer. 
Georg Feuerstein


Il n’y a pas d’éveillé ! Non, ce n’est pas une tournure rhétorique de la réponse d’un  mayavadin ou d’un advaita védantin mais une approche de cette question depuis une perspective mettant en lumière quelques croyances autour de l’éveil.


A la question « Êtes-vous éveillés ? » on ne saurait honnêtement répondre par l’affirmative dès lors que cette affirmation fige un état de fait alors que précisément la révélation du soi suprême est le point de départ d’une dynamique spirituelle.


Dynamique où l’on se rend compte que pour accompagner ce mouvement d’évolution de notre conscience nous sommes en éveil permanent.


Et le piège pour celui qui recherche l’éveil tout comme celui qui s’y reconnaît est justement de concevoir l’éveil comme un état, une station, par définition statique. Tout serait alors arrêté dans un état indéfinissable hors des contraintes du monde relatif. Envisager l’éveil sous cet angle est un obstacle à notre progression et nombreux sont ceux et celles qui arpentent le chemin avec ce genre de conceptions. Tout d’abord, c’est un obstacle parce qu’à fortiori c’est entretenir en effet un concept, une idée que nous nous faisons de l’éveil, donc alimentant les mythes autour de l’éveil, nous nous maintenons dans l'univers de la projection mentale et des illusions qui en découlent.


Ensuite, parce que d’une part ces mythes ont pour conséquence de faire obstacle pour s’éveiller à ce soi, et d’autre par parce que cette conception statique de l’éveil fait obstacle pour réaliser ce soi perpétuellement dans son infinité. Car l’ouverture à l’Infini, est par définition perpétuelle.


 L’éveil n’est pas un état statique en dehors de toute contrainte et souffrance, c’est avant tout la reconnaissance, le vécu qu’il y a un ancrage possible dans une Réalité incommensurable et prégnante, dans une paix et une infinité absolue intouchée par les phénomènes. 


Certains auteurs décrivant leur éveil, leur basculement dans la Réalité, n’ont parfois qu’une vue partielle et limitée, voir imprécise de ce qu’est l’éveil ainsi que de ces mécanismes et processus. Ou tout du moins ce qu’ils transmettent de leur éveil manque-t-il de précision, de discernement et de nuance, peut être parce que captivés, fascinés par ce basculement de conscience, voir sidérés. Parce qu'en effet véritablement l’évidence de cette Réalité est telle qu’ils se laissent subjuguer, ou bien parce que ce basculement dans l’évidence est tellement fort par rapport à la réalité ordinaire vécue jusque-là qu’il leur semble soudain avoir trouvé le Tout alors qu’ils ont trouvé qu’un aspect de ce Tout. L’ouverture et l’abandon, tout comme l'illumination et la réalisation n’ont jamais de fin, c'est important de se le rappeler, et de le rappeler. 


Cette idée de séparation entre ce que l’on croît être conforme à l’idée que nous nous faisons de l’éveil et ce que nous ne croyons ne pas être conforme, est entre autres ce qui nous fait croire aussi qu’il y a une séparation entre un être dit « éveillé » et un être dit « non-éveillé ». Ce dernier ayant alors pour croyance qu’il n’est pas parfait, pas digne de mériter l’éveil, pas à la hauteur de « l’éveillé ». Il s’imagine alors cet être comme étant plus compétent dans ce domaine et voir même, par extension, à de nombreux autres domaines, voir tous ! D’où les mythes de pouvoir autour de la notion d’éveil. Mythe du pouvoir d’omniscience, d’omnipotence, etc. que l’on prête au sujet de l’éveil, de l’illumination, de la réalisation spirituelle. D’où la posture d’autorité plus forte, plus grande que prête un chercheur en quête d’éveil envers celui qui s’en revendique. Pouvoir s'envisageant comme allant du tact psychologique à celui de thaumaturgie, en passant par le pouvoir visionnaire ou de guérison, etc. Mais aucun de ces pouvoirs n’est garanti par l’éveil, et aucun ne garantit d’ailleurs la pérennité et l’authenticité d'un "éveillé".


Est-ce parce que le non éveillé espère qu’un être "éveillé" puisse l’aider à s’éveiller lui-même qu’il se préoccupe de l’authenticité de l’éveil de celui qui s’en revendique ? 


Et en miroir, est-ce que l’éveillé  as-t-il une présomption de son propre pouvoir d’éveiller les autres qu’il se préoccupe d'être dans une posture d'autorité suprême en la matière et de là va se définir comme éveillé, sous entendant le détenteur de La Connaissance menant les autres vers l’éveil ?


Il est important de souligner que la carte de visite "être éveillée" n'est pas une garantie. La quête de la Vérité est bien plus profonde et de nombreux paramètres entrent en ligne de compte. 


Il apparaît indispensable de se pencher sur le sujet de l’éveil et de le passer au crible du discernement. Il ne s’agit pas de critiquer la position « d’éveillé » ou même "d'éveilleur", mais d’étudier, d’analyser, de faire une recherche d’investigation sur l’éveil, tel que le vivent ceux et celles qui en témoignent. Et Dieu sait si les témoignages sont nombreux! Tous ces témoignages, quand bien même certains de leurs auteurs font-ils autorités en la matière, doivent respectivement être appréhendés avec un discernement sans faille, et un esprit d'ouverture inclusif, ne se limitant pas à un aspect unique et définitif de la réalité qu'ils décrivent, aussi extraordinaire soit-elle.


Certes, on peut lire en effet beaucoup de choses sur l’éveil, sur l’illumination, sur la réalisation de la Conscience, de la réalité suprême, mais ce n’est que lorsque l’on a connaissance de cette réalité, de ses nuances, qu’on les vit, qu'on les expérimente, dans un sens dynamique évolutif, que l’on comprend véritablement tout ce que nous avons entendu, entendons, et entendrons sur ce sujet.


Toutefois chaque sujet que nous entendons ou lisons à son propos nous permet d’amorcer une certaine compréhension intellectuelle, qui, si elle est suivie d’une investigation intérieure authentique sur son sens, d’une recherche expérimentale de ce que c’est, peut alors nous conduire vers sa réalisation, ou à minima d’entre-ouvrir des portes en soi pour mener vers cette réalisation.


Cette contribution de la compréhension intellectuelle au sujet de la question de l’éveil peut apporter le sens de la discrimination nécessaire pour l’investigation d’une telle recherche.


Cependant ne nous leurrons pas sur l’outil intellectuel, qui doit être au service d’une prospection plus profonde en soi-même, d’une volonté de s’acheminer vers une réalisation des idées que nous entrevoyons,  et dont nous devons mobiliser toutes nos forces et énergies pour répondre au besoin de cette quête intérieure sans concession, et exige une honnêteté envers soi-même et les autres, d'autant plus s'il y a une posture d'éveillée revendiquée en tant que telle.


L'éveil n'a pas un caractère statique et figé tel que pourrait l'être un objet ou un but que l'on voudrait s'approprier à la manière de notre fonctionnement au quotidien pour ce qui nous entoure; ce n'est pas non plus une destination où l'on devrait arriver, qui serait le "lieu" final de notre quête. Par ailleurs sur quel critère, sous quelle autorité serait-il décrété que nous devrions prendre ce chemin? Le sens du devoir, tout comme celui de la vertu et de la moral sont autant de concepts qui n'ont rien à faire dans la libération intérieure, d'autant plus que suivent dans leur sillage le cortège de culpabilité, de honte et de peur faisant obstacle à notre pleine libération. Mais ceci est un autre sujet.


Les variations et les fluctuations de la conscience existent bel et bien pour celui qui connait sa vraie nature, qui s'est éveillé à la réalité absolue dont est pétri l'univers, qui s'est éveillé à ce soi immortel. Une permanence de l'éveil ne peut se concevoir pour celui qui reste un chercheur de l'infini, qui reste dans une ouverture sans fin ouvert sur l'infini et à l'infini...Et la "non-permanence" d'un état d'éveil est plutôt un signe rassurant de la dynamique d'évolution de la conscience, ainsi que de son intégration dans une entité être-humain avec toutes les complexités qui constituent cette entité. Ce sera plutôt la permanence d'un état d'éveil qui serait suspecte. Car l'éveil ne se limite pas par rapport à un état de conscience défini; mais devrait plutôt caractériser une dynamique de conscience intégrant divers aspects de la réalité dans son infinité. Soyons éveillés, mais éveillés dans un sens d'être en éveil, en éveil permanent vis-à-vis du mystère infini de l'univers.


Sylvère