Pourquoi ce site?

Aperçu


Évolumière...

Évolution et Lumière, évolution dans la lumière et par la lumière!

La création de ce site part du constat que chaque chercheur sur le chemin de l'évolution spirituelle est un trouveur potentiel ou effectif, pouvant dans un partage sincère de ses expériences, accomplir des ouvertures pour d'autres consciences en développement... Lire la suite

ENSEIGNEMENT DE RAMANUJA SUR LA MÉDITATION


Le Salut dépend uniquement du fait de ne pas le refuser.  
Sri Vatsya Ranganatha



LA MÉDITATION 
(Çrî Bhâshya I ; I, i) 
Le premier sûtra des Brahma Sûtra a été si largement développé que l'on peut cette fois en extraire quelques paragraphes. Il faut signaler que les termes de mémoire ou de souvenir ne rendent pas dans son intensité le mot sanskrit smriti qui exprime en plus le sentiment d'une présence, sorte de toile de fond devant laquelle le sujet agit, parle, pense. Comme toujours, le commentaire s'entremêle de citations des Écritures, souvent imbriquées dans le texte même de Râmânuja.

La méditation de recueillement est un acte de mémoire stable, en forme d'exercice continu de la mémoire, sans aucune coupure, à la manière d'une coulée d'huile ; car il est révélé « Quand on a atteint la souvenance, tous les nœuds sont défaits », c'est-à-dire : le stable exercice de la mémoire est un moyen de la Libération. Cette forme de mémoire est apparentée à l'intuition, car le passage précité a même signification que celui-ci « Le nœud du cœur est brisé, tous les doutes sont tranchés, et les actes périssent de qui a vu Celui qui transcende les plus hautes choses, qui est immanent aux plus humbles. » Et cela étant, nous concluons en vertu du texte « C'est le Soi, en vérité, qu'il faut voir... », que la méditation profonde et continue a forme d'intuition elle aussi. Et cette mémoire doit sa forme intuitive à l'intensité exceptionnelle de l'efficience mentale qu'elle met en œuvre. Tout ceci a été développé tout au long par l'auteur du Discours « Connaissance, dit-il, peut équivaloir à méditation de dévotion, puisque la parole révélée l'emploie en se référant à celle-ci. » Ainsi énonce-t-il que la connaissance enjointe dans toutes les Upanishad est identique à la pieuse méditation...
Cette forme intuitive consiste en un caractère de perception immédiate. C'est la mémoire ainsi enrichie du caractère de perception immédiate, et par là devenue moyen de la Délivrance, dont la Révélation spécifie la notion en ces termes « Le Soi n'est accessible ni par la récitation du Veda, ni par un effort de pénétration intellectuelle, ni par de nombreuses leçons védiques : mais celui que le Soi élit, celui-là peut l'atteindre. Le Soi lui révèle son intimité. » Après avoir dit qu'à elles seules l'audition, la réflexion, la méditation profonde et continue ne permettent pas d'accéder au Soi, ce texte proclame que le Soi est atteint par celui-là seul qu'Il choisit. Car en vérité, c'est celui qui m'est très cher qui devient digne d'être élu. Or celui à qui le Soi est insurpassablement cher, celui-là est très cher au Soi. Et le Bienheureux en personne se dépense pour que cet ami très cher atteigne le Soi ; Lui-même l'a dit « A ceux qui, toujours centrés sur l'Absolu, m'adorent par amour, je donne cette illumination unifiante grâce à laquelle ils parviennent jusqu'à Moi. »
Ainsi donc, celui pour qui la mémoire en forme de perception intuitive est devenue, par l'excès d'amour qu'il porte à l'objet remémoré, excessivement chère elle aussi, celui-là seul est digne d'être élu par le Suprême Soi, et c'est lui qui atteint le Suprême Soi...
L'exercice continu et stable de la mémoire en la forme ainsi décrite est ce que l'on désigne par le terme bhakti, participation d'amour, car ce terme est synonyme de pieuse méditation.

(Trad. Olivier Lacombe : l'Absolu selon le Vedanta P. 364-65.)

Qui était Ramanuja ?