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Évolution et Lumière, évolution dans la lumière et par la lumière!

La création de ce site part du constat que chaque chercheur sur le chemin de l'évolution spirituelle est un trouveur potentiel ou effectif, pouvant dans un partage sincère de ses expériences, accomplir des ouvertures pour d'autres consciences en développement... Lire la suite

Aperçu sur l'universalité de l'alchimie





C'est cela l'alchimie : conduire à son terme ce qui n'y est point parvenu.

Paracelse





Dans son ouvrage "La voie des Pierres - Mégalithisme au coeur des Monts du Lyonnais", Jean-Louis Augay, apporte des précisions significatives sur la symbolique chevaleresque et son lien avec l'alchimie dans la tradition dite occidentale:

« La légende, le mythe, les contes ont été des messages portant des vérités fondamentales afin de guider et de transformer l'homme au travers de sa quête. Une des légendes les plus alchimiques du Moyen Age, nous rappelant que la véritable transmutation, hormis celle des métaux, est celle de l'être humain. La royauté était proche d'un ésotérisme religieux alchimique dont les pratiques d'évolution spirituelles étaient appelées « l'art royal ».
Cette voie royale devait conduire à une vie mystique, où les racines du péché extirpées, l'homme deviendrait généreux, doux, pieux, croyant et craignant Dieu, afin de transformer l'homme en " pur esprit " appelé aussi " grand œuvre " dont les éléments sont le soufre et le mercure (le feu et l'eau), les influences célestes et terrestres.
La légende alchimique du dragon divulgue par sa symbolique la véritable transmutation de l'homme. À celui qui enlèvera le voile occulte sera révélé la vérité fondamentale du dragon de l'homme et de son mystère.
Dompter ces puissances, vaincre le dragon, c'est alors, non seulement s'opposer aux forces instinctives, aux terreurs inconscientes, mais les dominer pour rétablir l'ordre humain et céleste, autrement dit en comprendre la nature pour "fertiliser " la vie.
L'homme doit retrouver la partie féminine de son Être pour vaincre le dragon en lui-même.
Le « chevalier » réalise une triple opération :
1/ Il purifie par son courage et sa volonté les forces qui l'empêchent de combattre son propre dragon intérieur.
2/ Il récupère son élément complémentaire féminin
3/ Il s'ouvre ainsi le chemin d'accès au " trésor ".
Enchaîner le dragon, c'est se rendre maître des forces puissantes de la nature, y compris celles inhérentes à la nature féminine. Vaincre le dragon, c'est abattre les formidables barrières qui séparent l'instinct de l'amour pur

Dans son article "Pour une nouvelle chevalerie" (Question de" n°1, Paris 1973) , Henry Corbin dit à juste titre que "l'idée de l'homme noble, au sens vrai, qui est le sens spirituel d'une noblesse exclusivement fondée sur la filiation divine de l'homme intérieur, c'est-à-dire de l'homme, non pas tel que le monde le voit, mais tel que Dieu le voit". Ce qui établit "un rapport chevaleresque entre l'homme et Dieu comme son seigneur personnel". 

Dans La voie chevaleresque et l'initiation royale dans la tradition chrétienne, Gérard De Sorval, mentionne que l'idéal chevaleresque est la réalisation du corps de gloire: "Atteindre l'état glorieux consiste ainsi à réaliser ici-bas l'incorruptibilité et l'immortalité du corps de résurrection, par la connaissance transformante de la vraie lumière initiatique. "

"L'accomplissement "solaire" du héros doit se réaliser simultanément dans le monde, en lui-même, et en Dieu: la voie royale est celle du Milieu où toutes choses sont unies".

Le chevalier à pour but la transformation en un corps de gloire. Les combats de la guerre sainte dans la voie chevaleresque sont une métaphore signifiant "vaincre le dragon et ouvrir le corps de gloire".

Dans L'alchimie et son code symbolique G.M. Herzen explique que : " Les écrits hermétiques comparent ces dragons avec les deux bêtes gardiennes du jardin des Hespérides."

Le philosophe Giambattista Vico nous apprend dans La science nouvelle que: "Les armoiries royales des Chinois, ainsi que celles du céleste empire, consistent en un dragon. Ézéchiel compare le roi d'Égypte a un grand dragon couché entre ses fleuves, ce qui rappelle l'ancienne opinion d'après laquelle les dragons naissaient dans l'eau. L'empereur du Japon a institué l'ordre des chevaliers du dragon."

A.B. Purani un disciple de Sri Aurobindo nous dévoile que " Dans la véranda, sur le mur proche de Sri Aurobindo, juste derrière sa chaise, était suspendue une tenture de soie brodée d'un filigrane d'or qui représentait trois dragons chinois. Les trois dragons étaient représentés de sorte que la queue de l'un montait jusqu'à la gueule de l'autre, et à eux trois ils couvraient la tenture de bout en bout. Nous apprîmes par la suite qu'il existe en Chine une prophétie selon laquelle la Vérité se manifestera sur terre quand les trois dragons ( le dragon de la terre, de la région mentale et du ciel) se rejoindront.[...] "

Nous retrouvons cette symbolique du dragon omniprésente dans la tradition hermétique et dans les traditions d'Asie.  Notamment dans le Tantra. Terme quelque peu galvaudé dans son acception moderne qui couvre un éventail très large de significations.
Le Tantra  est peut-être la forme la plus ancienne de l’Alchimie orientale dite du "Dragon". Selon la philosophie tantrique tout l'univers est constitué et rempli de forces élémentaires qui sont en union intime et complexe. Les Chinois ainsi que les Sumériens ont perçus deux courants du dragon, masculin et féminin. Le Dragon Vert et le Dragon Rouge des alchimistes sont les énergies positives et négatives qui conditionnent notre perception du cosmos, qui se manifestent dans le fameux yin/yang chinois,  symbole du Tao. 
Le Taoïsme utilisait des techniques alchimiques constituant l'alchimie chinoise qui est devenue une discipline à part entière et autonome, utilisant les principes cosmologiques sur la base des enseignements des textes traditionnels, les mythes en rapport avec l'élixir de l'immortalité et les Sages Immortels, les techniques poursuivant tout à la fois le prolongement de la vie, l’extase et la spontanéité spirituelle (cf. les taoïstes et alchimistes tels que Luan Tai, Wei Po-yang, Ko-Hung, Lii teu, le Lie-sien Tchouan de Lieou Hiang). Lao-Tseu avait eut lui-même pour maître Jong Tch'eng Kong qui a fait une synthèse entre méthodes alchimiques, techniques yogico-tantriques, le Taoïsme et le bouddhisme Zen.

Dans l’alchimie indienne, le Yoga et ses techniques ont dans l'Inde fait l'objet de recherches parallèles et de complémentarité, notamment dans le système des Tantra pour parvenir à des buts aussi variés que la libération spirituelle, l'amélioration de la santé, la régénération physique, le prolongement de la vie, l'acquisition de pouvoir surnaturel, siddhis, l'immortalité corporelle. Les plus grands siddhas tantriques accomplis sont aussi des alchimistes réputés, tels que Capari, Kamari, Vyali. Nagarjuna est lui-même l'auteur d'un traité alchimique, le Mahpaprajnaparamitaçâstra ayant eut une grande influence dans l'alchimie chinoise et aussi arabe. D'autres traités tels que le Rasaratnâkara et le Rasaratnasamuccaya sont aussi de Nagarjuna. Le système des Tantra contient d'importants traités d’alchimie: le Kâkacandeçvarimata Tantra, le Rudrayamâlâ Tantra, le Kubjika Tantra, le Rasendracintâmani, le Suvarna Tantra, le Rasârnava Tantra. Cette connaissance alchimique va avoir ensuite des répercussions sur la médecine indienne (ayurveda) avec Vrinda et Cakrapâni, améliorant ainsi le pouvoir de la médecine ayurvédique.
Dans le Tantra les forces primordiales de la création, du nom de Shiva et Shakti, sont personnifiées comme divinités masculines et féminines. De ce couple divin, Shiva est le subalterne, car il est le principe féminin qui sous-tend finalement toute manifestation. Il y a un dicton tantrique: "Shiva sans Shakti est un cadavre." Aucun progrès significatif ne peut être fait jusqu'à ce que cet objectif soit pleinement réalisé. La plupart des adeptes de l'Orient suivent les anciennes traditions du Dragon, et se concentrent sur la «Perle sans Prix», considérant cet objectif comme le point culminant du changement et la réalisation de l'immortalité et de l'éternelle félicité. Après que la Perle soit créé, le Corps de Lumière ou " Corps Diamant " devient actif, et l'Adepte est dit être immortel. L'ancien mot chinois pour Dragon, signifie littéralement " lever de la lune ", se référant à cette Grande Perle sans Prix et au Corps de Lumière de l'Immortel. 
À ce stade, de nouveaux progrès consistent à apprendre et à connaître les différents états de l'immortalité au-delà de l'Illumination.
Les techniques d'activation du Corps de Lumière constituent des pratiques importantes en alchimie interne. Quelle que soit l'approche pour éveiller son corps de lumière, elle peut nous aider dans notre pratique de l'alchimie en tant que méthode de transformation. Le corps de lumière contribue à la circulation des énergies et à percevoir tout ce qui est en tant qu'énergie à des niveaux extrêmement subtils. Le corps de lumière contient en lui-même le potentiel de spiritualiser la matière, et se révèle ainsi être potentiellement une étape dans la supramentalisation évoquée par Sri Aurobindo dans son ouvrage  clef à ce sujet: " La manifestation supramentale sur la Terre".

Dans ses Lettres sur le Yoga, Sri Aurobindo précise que:
« C'est un corps lumineux dont parlent les Védas comme appartenant aux êtres des plans supérieurs. Dans certaines écoles de yoga, en Orient et en Occident, on suppose que dans sa transformation finale sur terre, l'homme se fera un corps qui possède ces qualités. Le premier maître spirituel de la Mère (Max Théon) l'appelait le corps glorieux.»      

L'objectif n'est pas une dissolution du corps matériel dans le corps lumineux, ni une ascension dans le corps de lumière comme dans certaines voies, mais l'utilisation du corps de lumière comme un interface entre l’individualité incarnée et la personne suprême, le Purusha, afin de manifester en ce plan terrestre la lumière divine que le corps de lumière est capable d'intégrer, et d'infuser dans le corps physique, jusqu'aux cellules même, cette lumière afin d'en faire descendre le principe supramental de transformation intégrale.
Pour Sri Aurobindo : « L’affirmation d’une vie divine sur la terre et d’un sens immortel dans l’existence mortelle ne saurait avoir de fondement que si, non seulement nous reconnaissons en l’Esprit éternel l’habitant de cette demeure corporelle, le porteur de cette robe changeante, mais encore nous acceptons la matière dont elles sont faites comme une substance noble et convenable dont Il tisse sans cesse ses vêtement, construit périodiquement la série sans fin de Ses demeures. »  (La Vie Divine chp II).

«La vie et la mort humaines répétées au long des âges dans les grands cycles du monde ne sont qu'une longue progression par quoi l'être humain se prépare pour l’immortalité  et s'en rend digne.» La Mère.

C'est tout le sens de notre incarnation, car pour Sri Aurobindo: 
"L’âme prend naissance pour l’expérience, pour la croissance, pour l’évolution, jusqu’à ce qu’elle puisse faire entrer le Divin dans la Matière. "

C'est pourquoi il affirme que:
"L’évolution se déroule sur la terre et la terre est par conséquent le véritable champ du progrès."

Cette progression constitue le champ évolutif de la Conscience et la recherche de sa réalisation absolue en l'intégralité de notre être et de notre vie terrestre. 

Dans La Vie Divine, Chapitre XXII: "La renaissance et les autres mondes: le karma, l'âme et l'immortalité", Sri Aurobindo précise que :
« C'est la Personne intérieure qui survit à la mort tout comme elle préexiste à la naissance; car cette survie constante est une traduction, en termes de Temps, de l'éternité de notre Esprit intemporel.
(...)
"Cette conception de la Personne et de la Personnalité, si nous l'acceptons, doit dès lors modifier nos idées courantes sur l'immortalité de l'âme; car normalement, quand nous affirmons que l'âme ne meurt pas, nous voulons dire que survit après la mort une personnalité définie et immuable qui était et restera toujours la même pour l'éternité.

 Ce que nous exigeons normalement, c'est une survie similaire de notre mental, de notre vie et même de notre corps : le dogme de la résurrection du corps témoigne de cette dernière exigence qui a été aussi à l'origine de l'effort de l'homme, à travers les âges, pour découvrir l'élixir d'immortalité ou des moyens magiques, alchimiques ou scientifiques de vaincre physiquement la mort du corps. Mais cette aspiration ne pourrait se réaliser que si le mental, la vie ou le corps pouvaient revêtir une part de l'immortalité et de la divinité de l'Esprit qui demeure au-dedans.
(...)
Cet accomplissement d'une triple immortalité : immortalité de la nature complétant l'immortalité essentielle de l'Esprit et la survie psychique à la mort, pourrait bien être le couronnement de la renaissance et une indication capitale de la conquête de l'Inconscience et de l'Ignorance matérielle jusque dans les fondations mêmes du règne de la Matière. Mais la véritable immortalité serait malgré tout l'éternité de l'Esprit : la survie physique ne pourrait être que relative, interrompue à volonté, signe temporel de la victoire de l'Esprit ici-bas sur la Mort et la Matière.

Même si la science — physique ou occulte — parvenait à découvrir les conditions ou les moyens nécessaires à une survie indéfinie du corps, mais que par ailleurs le corps ne pouvait s'adapter suffisamment pour devenir un instrument d'expression approprié de la croissance intérieure, l'âme trouverait une manière de l'abandonner et de passer à une nouvelle incarnation. Les causes matérielles ou physiques de la mort ne sont ni sa vraie ni sa seule raison d'être : sa vraie cause intrinsèque est qu'elle est spirituellement nécessaire à l'évolution d'un être nouveau.»

Au Moyen-Orient, le symbolisme alchimique transparaît régulièrement dans les livres et le vocabulaire du tasawwuf ( voie soufie Tassawuf plus justement traduite par "la sagesse divine"), notamment tel qu'elle est présentée dans l'œuvre du grand mystique Abd Al-Qâdir al-Jîlânî "L'Accès au Mystère".
Dans un de ses discours, Al-Jîlânî fait allusion au symbole alchimique de la rosée  pour évoquer la Miséricorde de Dieu. " La rosée (nida) de Sa Miséricorde va descendre sur toi, t'apportant patience, satisfaction, certitude, grâce propice, science, lumière de la foi et du tawhid ".
Plus loin, au vingt-Huitième discours Abd Al-Qâdir al-Jîlânî fait allusion au creuset qui est la partie inférieure d'un haut fourneau où se rassemble le métal fondu. Ce creuset est symboliquement en correspondance avec la partie ventrale du corps humain où réside la puissance du feu intérieur de la transformation, véritable chalumeau ou forge intérieure qui brûle toutes les scories, se révélant d'une intensité insoutenable pour qui n'est pas préparé lorsqu'il s'éveil, et peut s'accompagner de phénomènes de transes ou de sorties hors du corps imprévisibles. C'est le véritable souffle du dragon, que certaines pratiques peuvent réveiller, parfois à notre insu, et qu'il faut savoir maîtriser pour ne pas se sentir désemparé et abdiquer lorsqu'il se manifeste, et savoir le canaliser pour ne pas engendrer des dégâts psychiques et corporels, surtout si le centre sexuel n'est pas purifié. Ce soufflet de forge intérieure chauffe au rouge les énergies qui s'y trouvent, pour les fondre en état transformé de l'énergie, et à un niveau ultime, de la matière. Parfois ces expériences peuvent arriver spontanément suite à certaines pratiques, l'important étant de les inclure dans une aspiration au divin et de s'en remettre totalement au divin.
Le Souffre Rouge est parfois employé dans le soufisme pour désigner un très haut degré de réalisation. Le rapport avec le symbolisme alchimique du Grand Œuvre est ainsi clairement exprimé.
Le degré du Souffre Rouge se rapporte à l'extinction totale dans l'Essence, de l'arabe el-Ksir (élixir, quintessence). Cette réalisation ne peut s'accomplir qu'après une longue ascèse, c'est-à-dire un combat intérieur de tous les instants pour accueillir la présence divine en soi, réaliser l'Essence. Ce combat est désigné par le mot Djihad, la grande guerre sainte, qui est à replacer dans son acception originelle, c'est-à-dire le combat intérieur menant au sacrifice ultime de l'individualité qui celui de la dissolution de l'illusion de l'individualité séparée.
Selon l'adage traditionnel de la Voie jahid tusahid : "luttes sérieusement , tu contempleras".
Le terme jihad est dérivé de la racine J.H.D. qui a pour connotation l'idée d'effort, de travail assidu, de lutte contre les difficultés, etc. Le sens premier de combat est donc clairement spirituel, c'est un combat intérieur,  car d'un point de vue traditionnel le domaine de la Connaissance et de l'Être a toujours prédominé sur celui des contingences.  Mais il faut être vigilant à replacer cette définition dans son sens réellement traditionnel pour ne pas que s'y substitue une autre vision ou interprétation de la Tradition...
La "guerre" dans son sens commun est cependant une application temporelle du jihad, dans ce cas elle est alors qualifiée de "petite" et ne concerne que la défense de la communauté traditionnelle en tant que telle, d'ailleurs la guerre pour des buts profanes étant désignés par le mot harb. La chevalerie en son sens mystique rejoint les voies martiales de différentes traditions et qui ont était érigées en art pour sublimer les forces combatives en une maîtrise de soi par la maîtrise des armes et non une maîtrise de l'autre avec les armes. Tel est l'intention des arts martiaux. De plus ils contribuent à se forger une force combative orientée vers le combat intérieur et sublimer les instincts martiaux pour arriver à une maîtrise de soi en un retournement des ses propres énergies martiales vers une perfection alliant concentration, endurance, patience, force, renforcement de  la volonté, attention élargie, aisance physique, persévérance, protection de la vie comme un tout sacré, et unité avec toute vie en s’abandonnant à la non-voie. Le principe Mars existe et existera toujours, il exerce une influence en nous et nous le portons en nous, que nous le voulions ou non. Nous ne pouvons pas supprimer Mars mais nous pouvons nous transformer en sublimant cette énergie. Dans ces Arcanes très secrètes Michael Maier à cette réflexion d'une grande justesse: "Il est plus grand de vaincre part l'art que par Mars, "Arte quam Marte", par la lenteur que par la précipitation, par la douceur que par la violence.
Tout comme l'Hébreu, l'alphabet Arabe contient un sens ésotérique en rapport avec l'attribution de la valeur des lettres correspondant chacune à la valeur d'un chiffre (mot qui vient lui aussi de l'arabe ziffre , c'est-à-dire zéro). Tout comme le latin et le sanskrit, ces écritures ont un réel pouvoir. Dans cette approche les trois lettres de J.H.D. ont pour valeurs numériques 3-5-4, correspondant à celles du triangle pythagoricien, dont le symbolisme a par ailleurs été étudié par René Guénon et lui ayant donné le sens de "la Volonté" appliqué au microcosme et au domaine animique dans le macrocosme.
Par ailleurs en exerçant la technique du "petit jafr" par laquelle il est possible d'interchanger des lettres de même valeur numérique, si l'on change le jim en sin (de même valeur 3), on obtient la racine S.H.D. qui apporte l'idée de "contemplation", "témoignage", et aussi de "martyr" en second sens. Terme de Martyr qui signifie que "nul ne peut voir Dieu sans mourir", c'est-à-dire sans l'anéantissement de l'illusion de l'individualité séparée et de sa dissolution dans l'Essence qui s'en suit, l'extinction fana.
Dans son ouvrage "La Grande Triade" de René Guénon, le chapitre 21 est explicite à ce propos, René Guénon citant la doctrine pythagoricienne ancienne qui affirme que : "la Volonté évertuée par la foi... pouvait subjuguer la Nécessité elle même, commander à la Nature, et opérer des miracles".  Ce qui peut être rapproché de la voie alchimique où l'aspirant exerce sa Volonté pour faire un effort vers l'accomplissement de soi, en se dépassant, en combattant, et aboutissant à des réalisations de l'esprit ayant une portée sur la Vie.
Tant sur le plan de l'alchimie interne (le combat intérieur) que sur le plan de l'alchimie externe (l'effort considérable nécessaire traditionnellement au travail d'élaboration de la substance recherchée), dans les deux approches l'emploi de la Volonté est le fondement de cette mise en action vers le but, la réalisation de l'Essence divine en soi. La Volonté divine devant se substituer à la volonté personnelle en réorientant la volonté en une Aspiration centrale de l'être pour le Divin. 

Alchimya, dérivé de al-Kimya désigne l'alchimie en général. Kimyâ es-saâdah désigne l'alchimie uniquement spirituelle tel qu'elle est pratiquée par les musulmans, proche de l'art d'Hermès dans la conception maçonnique. En hébreu le mot "Iesod" signifie fondement et Mercure (Hermès-Idris), parce que le Mercure est la base et le fondement de l'Art alchimique. Selon Gerard de Sorval le mot DAM (Adam), signifie le sang mais aussi la ressemblance, car l'art royal alchimique consiste ( en particulier pour la noblesse d'extraction) à extraire de sa propre nature, telle que la véhicule le sang, la quintessence virginale. Après divers transformations intérieures l'être purifié de la gangue égotiques parvient aux noces chimiques de la Reine et du Roi. Pour le soufi Jâbir ibn Hyyan, l'un des plus grand alchimiste musulman, l'âme seule peut transformer le corps. Pour  Idries Shah, le soufisme perçoit en l'humanité une perfectibilité à l'infini, et considère que le corps et les organes ont un processus d'évolution à parachever. Dans le soufisme iranien nous retrouvons  les notions de flux énergétiques et de corps de lumière, notamment avec Shaykh Ahma Ahsâ'î, "Car, écrivait-il,  "en fin de compte, les esprits sont de la lumière-être (nûr wujûdî) à l'état fluide. Les corps sont également de la lumière-être, mais à l'état solidifié (kathîf)". (Notons que khâtif, dense, est opposé à latif, subtil, qui a donné le terme Latifa pour désigner les centres énergétiques dans l'anatomie subtile de l'être humain selon le soufisme). Dans la chevalerie persane, le chevalier est quant à lui relié aux êtres de lumières, du royaume angélique par l'intuition et la vision de la multiple théophanie de Dieu que lui transmettent ces messagers de lumière et médiateurs célestes.

Nous retrouvons donc entre l'alchimie jabîrienne, mais aussi de Jâdalki, et le soufisme iranien, des conceptions reliant alchimie, corps de lumière, et aspiration à une transformation de la matière par le pouvoir de l'esprit suprême. Les idées les plus fortes en ce sens se retrouvent chez Jâbir (latinisé en pseudo-Geber); par conséquent, entre ses conceptions de l'alchimie et la transformation supramentale de Sri Aurobindo, il n'y a qu'un pas... J'ose donc ce parallèle qui n'engage que moi, et en toute connaissance de cause au regard de certaines explorations et expériences auxquelles m'ont mené le yoga intégral et l'intégralité d'une approche de l’évolution spirituelle.
Ainsi tout se tient et tout est lié, ou presque, car il faut le vivre et s'y atteler à ce travail de transformation au coeur de la matière.
Dans L'Alchimie et son code symbolique, Gabriel Monod-Herzen (disciple et biographe de Sri Aurobindo) résume admirablement cette corrélation entre l'alchimie et la transformation visée par Sri Aurobindo: "Par une attitude de confiance absolue au Divin de réaliser en nous une transmutation intégrale, de faire apparaître enfin ce que notre être véritable, dans toute l'étendue de sa connaissance et de ses pouvoirs: c'est l'Oeuvre au Rouge. Le développement actuel de la psychologie tend précisément à lui faire aborder cette ultime étape, mais elle exige que l'opérateur soit sa propre matière: il ne peut rien obtenir qui ne soit une transformation de sa conscience, donc de toutes les valeurs de sa vie: c'est là l'obstacle majeur à cette réalisation. Mais il est certain qu'elle a été franchie dans le passé: elle peut donc l'être à nouveau. Cela correspondrait à l’apparition d'un Homme nouveau, capable de mener et, un jour, d'établir une Vie Divine sur Terre".
L'aspiration commune entre les alchimistes et la réalisation Supramentale de Sri Aurobindo à une conquête de la mort, au sens d'une transformation totale de la matière,  trouve sa plénitude dans le total abandon de soi au Divin, et à l’acceptation d'une transformation intégrale de l'être humain en l'être Divin. (je résume!). Pour approfondir la question de la transformation supramentale consulter: "La manifestation supramentale sur la Terre".



Sylvère 





Quelques ouvrages essentiels et plutôt faciles d'accès pour mieux comprendre l’alchimie.

Un livre d'Alchimie a pour "fonction" de transmettre une révélation dont la compréhension dépend directement du degré de connaissance acquise par la lecture.  G. M. Herzen


- Forgerons et alchimistes, Mircéa Eliade (Un grand classique, fondement et origine de l'alchimie dans diverses traditions et une analyse épistémologique sur les mobiles de l'alchimie).
Dans l'alchimie occidentale...la rédemption de la Nature...complétait la rédemption de l'homme par le Christ...Le mythe sotériologique de la rédemption de la Nature survit camouflé dans le programme pathétique des sociétés industrielles qui visent à la transformation de la Nature en énergie... Mircéa Eliade

- L'alchimie et son code symbolique, Gabriel E. Monod-Herzen (Très clair, complet et pédagogique, écrit par un des disciples de Sri Aurobindo et auteur d'une biographie de Sri Aurobindo). 
Le processus d'intégration de la personnalité totale correspond à la première phase qui suit l'abandon des habitudes de la vie ordinaire: l'Oeuvre au Blanc après l'Oeuvre au Noir. La découverte du Soi, de l'être psychique, comme centre de l'inconscient, est le sommet de cette étape, la promesse d'une plus haute possibilité. Celle-ci exige la réalisation concrète, pratique, dans tous les actes de la vie, de l'axiome Ora et Labora. Gabriel E. Monod-Herzen

- Les alchimistes, Jean Biès (Un incontournable, et indispensable! pour comprendre l'alchimie sous toutes ses coutures).
La physique nucléaire et la théorie unitaire de la matière-énergie, et la découverte des particules élémentaires ont rendu droit de cité au non-dualisme alchimique, à l'interdépendance transitoire des phénomènes et aux possibilités de transmutation. Jean Biès

- Alchimie, René Alleau (Ouvrage succinct et facile d'accès pour un aperçu sur l'alchimie).
Comme il est plus facile d’exposer ce que l’on connaît bien, on ne s’étonnera pas que nous entrions dans le vif même du sujet, auquel René Alleau ouvre l’accès pour le débutant, avec un souci du détail, de la précision et de la clarté, assurément jamais atteint avant lui. Eugène Canseliet

- Qu'est-ce que l'alchimie ? , Pierre Laszlo (Petit ouvrage pédagogique et simple pour mieux comprendre l'alchimie).
Une présentation de l'alchimie par un scientifique, se refusant au dénigrement positiviste comme à l'adulation occultiste. Un commentaire mesuré de textes et d'illustrations alchimiques, mettant l'accent sur leur hermétisme, et sur les interprétations diverses qu'ils admettent, tant matérielles que spirituelles. Un point précis sur tout ce que les alchimistes nous ont légué qu'il s'agisse de concepts directeurs de la science moderne, d'appareillages toujours utilisés ou de méthodes encore valides. Note de l'éditeur (Hachette)

- Alchimie et mystique en Terre d'Islam, Pierre Lory (Une plongée dans l'univers fascinant de l'alchimie jâbirînenne, assez ardu pour un novice mais incontournable).
Comprends ce que je dis, et éveil-toi, ô toi qui dors; c'est comme si je me tenais près de toi. Si tu lis ce livre, tu comprendras une partie de ce que je t'ai enseigné et tu diras "il est toi, et tu seras lui". Jâbir ibn Hyyan Le livre du résultat.

- De l'Alchimie, Paracelse  (Pour les passionnés d'alchimie,  le meilleur de l'alchimie avec Paracelse! Un génie...).
Il faut aller à l'école de l'alchimie ; c'est elle qui apprend à connaître le fond des choses et tout ce dont nous avons besoin. S'il arrive à l'alchimie d'être méconnue, voire méprisée, cela ne doit pas préoccuper le médecin : d'autres arts ont connu le même mépris, comme la philosophie, l'astronomie et d'autres. Moi je ne puis que vous exhorter à pratiquer l'alchimie, pour préparer des essences merveilleuses, découvrir les mystères, obtenir des arcanes, pour séparer le pur de l'impur afin de parvenir à un remède pur et sans défaut, parfait, un médicament sûr, éprouvé et élevé jusqu'à sa plus haute puissance ainsi que Dieu l'a ordonné.
 Théophraste BOMBAST von Honhenheim, dit Paracelse le Grand.

- La pierre des sages ou Essai sur l'alchimie spirituelle, Erik Sablé (Instructif et pédagogique sur la dimension spirituelle de l'alchimie, facile d'accès).
L'auteur utilise la symbolique alchimique pour «décrire la régénération spirituelle de l'être humain, sa lente transfiguration en lumière». Son approche est celle de la tradition chrétienne. Il nous rappelle que l'Évangile est une invitation à cette grande «oeuvre». Dervy Editeur

- Psychologie et alchimie, C. G. Jung (un incontournable pour comprendre la symbolique alchimique au niveau de notre psyché dans le processus de transformation psychologique).
L'aspect physique de l'Alchimie est secondaire. Sa nature essentielle reste comme à son origine, une technique psychologique ayant un but spirituel: ces deux faces de son action ont, elles aussi, des prolongements actuels. Du point de vue psychologique Jung a prouvé non seulement qu'un tel but existait, mais qu'il avait, en Alchimie, un rôle nécessaire et fondamentale, car c'est sur lui que repose toute la réalisation de l'oeuvre. G. M. Herzen L'alchimie et son code symbolique.

- Introduction à l'alchimie intérieure taoïste. De l'unité et de la multiplicité, Isabelle Robinet (Un vaste monde s'ouvre sur les interactions entre alchimie et taoïsme...).
L'analyse des fondements de la pensée alchimique proposée par I. R. est convaincante; les spécialistes du neidan ont déjà par ailleurs mis en valeur sa nouveauté. 
Le choix des textes de référence opéré par I. R. est raisonnable, dans la mesure où, pour la plupart, ils font autorité à l'intérieur de la tradition; il faut cependant garder en tête qu'ils ne constituent qu'un sous-ensemble à l'intérieur d'un ensemble extrêmement riche et varié, dont la production continue encore aujourd'hui. Vincent Goossaert,  L'alchimie intérieure réhabilitée ?

- L'Alchimie comme art hiératique, Henry Corbin (Absolument merveilleux et instructif concernant l'alchimie. A travers la parole du Fils du Soleil nous est transmis un ensemble de connaissances très profondes. Un texte classique qui mérite une lecture attentive et minutieuse).
L'âme et l'esprit se réjouissent de ce que les ténèbres aient fui loin du corps, et l'âme appelle le corps qui est devenu lumineux : réveille-toi du fond de l'Hadès, ressuscite hors du tombeau, lève-toi et sors des ténèbres! Car tu as revêtu la spirituali­sation [pneumatôsis], la divinisation [theiôsis], puisque la voie de la résurrection est venue à toi et que le filtre de vie a pénétré jusqu'à toi [ ... ]. Et ils se sont unis tous trois dans l'amour, le corps, l'âme et l'esprit, et ils sont devenus un, et dans cet un est caché le mystère. [ ... ]. Apol­lonios de Tyane, Livre des Statues vivantes

- Zénon ou le thème de l'alchimie dans "L'Oeuvre au noir" de Marguerite Yourcenar, Geneviève Spencer-Noël (Descriptif et décodage de l'approche alchimique au Moyen-Age à travers l’œuvre de Marguerite Yourcenar).
« Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur humain à la mesure de toute la vie » (Zénon).
Relativement rares, il faut bien l’admettre, sont les lecteurs - hormis certains critiques - qui ont reconnu la préoccupation alchimique de Zénon comme étant centrale et, par conséquent, l’intention majeure de Marguerite Yourcenar, tant «le roman d’aventure enveloppe exactement le roman de l’aventure mystique». L'Oeuvre au Noir

- La quête de l'immortalité en Chine: alchimie et paysage intérieur sous les Song, Xiao Daocun (Le Taoïsme sous sa forme la plus élaboré en ce qui concerne la transformation intérieure, un élargissement sur la dimension  ésotérique du taoïsme).
L’immortalité a préoccupé bon nombre de grandes civilisations. La Chine s’y est pour sa part intéressée depuis la plus haute Antiquité. Ses récits mythiques évoquent les immortels au corps radiant couvert de plumes, se nourrissant de rosée, chevauchant des grues ou des dragons, tandis que l’histoire témoigne de la recherche effrénée des îles d’immortalité et des ingrédients rédempteurs. Une alchimie d’un genre particulier a également été conçue en Chine pour permettre à l’homme d’obtenir la « longue vie ». Muriel Chemouny

- L'alchimie expliquée sur ses textes classiques, Eugène Canseliet (Tout ce qu'il faut savoir sur la science hermétique et sa dimension gnostique, par un grand alchimiste de l'époque moderne).
L'alchimie prouve surabondamment que la matière et l'esprit ne sont indissolublement confondus que dans la durée éternelle qui appartient à la lumière. Eugène Canseliet

 - L'alchimie expliqué par son langage, Léon Ginest (Ouvrage  qui décrypte un à un les secrets des concepts propre à l'Alchimie ainsi qu'une présentation de nombreux alchimistes célèbres et moins célèbres).
Le symbolisme du Graal est la base même de la démarche mystique qu'elle soit alchimique ou chrétienne.
L'alchimie touche le ressort de l'évolution des êtres. Tout le grand oeuvre pratique consiste à le mettre en action en puisant l'énergie au-delà de notre monde matériel, en ce lieu où siège la mémoire ou le mercure universel. Léon Ginest 

- Les Arcanes très secrètes, Michael Maïer  (Une oeuvre magistrale qui élargie le champ de la connaissance et de la culture, à de nombreux niveaux de compréhension. Un voile se lève...)
Dans son œuvre alchimique, le souci majeur de Maïer est d'ancrer l'alchimie dans une tradition ancienne et dans une réalité spirituelle. Il le fait en particulier, par le recours à la mythologie grecque, Hermès Trismégiste occupe une place de choix. Pierre Laszlo