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Évolumière...

Évolution et Lumière, évolution dans la lumière et par la lumière!

La création de ce site part du constat que chaque chercheur sur le chemin de l'évolution spirituelle est un trouveur potentiel ou effectif, pouvant dans un partage sincère de ses expériences, accomplir des ouvertures pour d'autres consciences en développement... Lire la suite

Héphaïstos, le forgeron de lumière




Prologue: genèse de l' article


Lorsque j’apprenais à travailler avec les énergies internes du corps de lumière pour percevoir ce qui est en tant qu’énergie et transformer certains obstacles ou situations avec l’énergie et la lumière déployée dans le cocon du corps de lumière, je vis précisément comment s’effectuait cette transformation énergétique. Les flux de lumière et les fréquences d’énergie exerçaient une véritable action sur des « objets » énergétiques, c'est-à-dire l’objectivation dans ma conscience des situations perçues en tant qu’énergie et sur lesquelles il devenait donc possible de travailler en tant qu’énergie avec l’énergie.  Le sujet de mon investigation énergétique (une situation et les obstacles en découlant), devenait dans ma conscience une énergie en rotation sur lesquelles les énergies et fréquences du corps de lumière effectuaient un véritable travail de taille, de façonnage, comme pour le travail effectué par un artisan métallurgique sur un tour à métal. L’énergie incisant, sculptant, façonnant, faisant jaillir des étincelles de lumière au fur et à mesure de son action sur la situation perçue en tant qu’énergie. Tout cet ensemble énergétique en rotation très rapide, comme l'usinage sur un tour de travail du métal. L’ « objet » énergétique se transformant en davantage de lumière, d’énergie, de malléabilité, de beauté. J’avais l’impression d’être au cœur d’une forge, une forge d’énergie et de lumière, et en méditant sur ce processus vint à ma conscience « Héphaïstos et les forges de lumière ». J’enquêtais donc intérieurement par la méditation et extérieurement par l’investigation culturelle sur Héphaïstos, pendant plusieurs années, au fil du hasard parfois...  Voilà comment cet article naquit, reflétant la démarche d’investigation et de recherche par laquelle je donne naissance à mes écrits sur Evolumière, faisant appel à de multiples sources pour mieux cerner le sujet. Que ce soit par l’expérience intérieure, d’où démarre le début de la recherche, avec approfondissement par diverses explorations en conscience lors de méditations sur cette expérience initiale, ou par analogie avec le souvenir d’autres types d’expériences, ou par recherches culturelles dans le matériel existant sur ce sujet d’investigation, en usant du discernement à chaque étape pour mieux objectiver cette recherche. Objectiver ne voulant pas dire quelle soit radicalement objective, puisqu’une telle possibilité n’existe pas, tout processus créateur et transmetteur étant emprunt d’une part de subjectivité propre à l’auteur et à ses aspirations intérieures, reflets de son cheminement et des ses découvertes, et de l’exercice de sa réflexion, processus sans fin et évoluant au fil de la vie et de la recherche spirituelle effectuée quotidiennement. L'objectif est d'établir des liens, des ponts, d'évoquer, sans forcément tout dévoiler, afin de susciter par effet de résonance la transmission d'une réflexion, d'une inspiration, d'une investigation.


Considérer à sa juste valeur les mythes, c'est combler cette lacune soulevée par Sri Aurobindo pour qui « La philosophie et la pensée Grecs sont peut être le plus puissant stimulant intellectuel, la clarté la plus fructueuse que le monde ait jamais connus. » Lorsque l'on considère cette réflexion à la lumière des seules connaissances vers lesquelles nous dirige l'attention sur un seul dieu tel que nous le découvrirons en suivant Héphaïstos , alors nous pouvons mesurer l’abîme qu'il nous reste à combler pour parfaire l'idéal de Beauté, de Justice, de Vérité initié par les grecs de l'Antiquité. C'est pour quoi Sri Aurobindo précisera encore davantage que : « La méconnaissance de nos premiers pères, est la grande faiblesse que présente l'exposé moderne de l'évolution de la pensée. » En effet , pour Sri Aurobindo « Ne tenir aucun compte de l'influence exercée par la pensée mystique et par ses méthodes d'expression de soi sur les conceptions intellectuelles des Grecs depuis Pythagore jusqu'à Platon serait dénaturer l'évolution historique de l'esprit humain. Cette pensée humaine fut d'abord enveloppée dans le style et la discipline symboliques, intuitifs et ésotériques des mystiques — voyants védiques et védântiques, maîtres cachés des mystères orphiques, prêtres égyptiens. Elle se dégagea de ce voile pour suivre une voie de philosophie métaphysique en rapports avec les mystiques par la source de ses idées fondamentales, son style aphoristique et hermétique du début, son effort pour s'emparer directement de la vérité par une vision intellectuelle plutôt que pour y arriver par la raison raisonnante, mais qui resta cependant intellectuelle dans sa méthode et dans son but. »




Héphaïstos gardien du feu secret



Héphaïstos est le gardien du feu secret, l'intermédiaire entre l'homme et les dieux, celui qui est le médiateur entre l'artisan intérieur et les énergies divines que nous devons découvrir en nous pour parfaire l’Œuvre. C'est l'artisan au coeur des forges de lumière de notre être qui nous aide à façonner les énergies afin de parvenir au grand œuvre: l’accomplissement du corps divin dans la manifestation, dans et par la matière. C'est celui qui guide les hommes vers les sciences du feu et de l'énergie à la fois sur le plan extérieur de la manufacture d'objets conduisant à l'industrie que sur le plan intérieur de l'utilisation de l'énergie permettant en nous-même de trouver la source de tout ce qui est en tant qu'énergie, et de façonner une nouvelle réalité consciente par la maîtrise de ces énergies.  Il est le pouvoir que nous avons en nous de parvenir à un niveau de perception des énergies et de les façonner tel un ouvrier façonne des objets de métal sur un tour.  Lors d'un travail avec les énergies notre vision intérieure peut s'ouvrir à ce formidable processus d'action de la lumière-énergie sur tout ce que nous percevons en tant qu'énergie. Ainsi les forges de lumière s'activent !


Dans les Hymnes d’Orphée traduits et commentés par Pascal Charvet, il est précisé dans les hymnes d’Orphée, qu'Héphaïstos  est le dieu du feu en tant qu’élément cosmique, qui consume tout, se référant ainsi à l’idée stoïcienne selon laquelle l’univers  se  régénère en s’embrassant périodiquement. Ce n’est pas une destruction mais une restauration, et un éternel retour des êtres et des évènements, qui rythme les cycles de la vie et du monde.


Avec De natura deorum de Cicéron, nous savons que les stoïciens distinguaient quatre éléments : le feu qui est chaud (l’éther étant le feu en qui sont nées la sphère des étoles fixes et celle des planètes), l’air qui est froid, l’eau qui est humide, et la terre qui est sèche. Par mis l’élément feu ils distinguent deux types de feu : un feu « artiste » et un feu « sans art » qui consume ce dont il se nourrit. La Nature est un feu « artiste », qui favorise la croissance et la génération des choses. 
  
Comme le fera remarquer Sri Aurobindo dans son exégèse sur Heraclitus, dont les stoïciens sont encore plus directement les descendants intellectuels, Héraclite entrevit cette vérité lorsqu'il donna le nom de Feu à la réalité unique et éternelle: « C'est l'Un qui est Tout, c'est le Tout qui est Un- Zeus, l'éternité, le Feu. » [...] « Héraclite nous dit que toutes les choses en effet naissent selon la lutte, mais toutes choses aussi naissent selon la raison, kat ' erin, mais aussi kata tou logou. Quel est ce Logos ? Ce n'est pas une raison inconsciente dans les choses, car son Feu n'est pas une simple force inconsciente, il est Zeus, il est éternité. Le Feu, Zeus, est Force, mais il est aussi une Intelligence. Disons donc que c'est une Force intelligente qui est origine et maître des choses. » [...] Alors Philon n'avait-il pas raison lorsqu'il déduisait de cette idée d'une Force intelligente, origine et maître du monde, Zeus et Feu, son interprétation du Logos comme « le dynamique divin, l'énergie et la révélation de soi de Dieu » ?



Dans sa Physique Poétique, Giambattista Vico établit que « en attribuant à ces quatre éléments, ainsi qu'aux choses spéciales qui en découlent à l'infini, des formes animées et pour la plupart humaines, les poètes théologiens créèrent une foule de divinités. Platon pensa que tous ces dieux et toutes ces déesses représentaient l'esprit ou l'âme de chaque chose ; que Jupiter, par exemple, était l'âme ou de l'éther; Vulcain celle du feu, et ainsi de suite. Mais les poètes théologiens étaient si peu en état de s'élever a la compréhension des substances intellectuelles, qu'Homère lui-même, loin d'attribuer à l'intelligence humaine la faculté de combattre les sens par la réflexion, donne à plusieurs reprises à cette conseillère naturelle le nom de force sacrée ou de force occulte. »



Selon Anatole Bailly, Dictionnaire grec-français, Hachette, 1950, annexe « Mythologie et religion », Héphaïstos est en grec « ἀπὸ τοῦ ἧφται », c'est-à-dire « ce qui brûle, qui est allumé ». Diverses autres hypothèses ont également été avancées, comme un rapprochement avec φαίνω / phaínô, « briller ». 


Il est le forgeron originel, l'ancêtre des forgerons, celui qui maîtrise l'art de transformer les minéraux en métal et le métal en objets. Il est « illustre artisan »  κλυτοτέχνης / klutotékhnês.


« Boiteux, cette infirmité caractérise le moyen d'accéder aux territoires secrets et interdits de l'au-delà. Tout comme le poète Homère aveugle, est un voyant, le forgeron boiteux est un passeur » nous précise Robert Jacques Thibaud dans son analyse du conte de Perceval. D'ailleurs Héphaïstos est un important fil conducteur (c'est le cas de le dire) qui nous permet de comprendre la symbolique qui perdurera jusqu'en dans les mythes du conte du Graal, fondateurs d'une spiritualité profonde qui influencera l'occident au cours des siècles.


Par sa maîtrise du feu et son métier de forgeron, il est l'artisan de la transmutation alchimique. Il symbolise le pouvoir de l'alchimie au sens où il conduit par sa science à découvrir le feu secret de la transmutation et le pouvoir de transformation de la lumière, au cœur même de la matière.



Il personnifie l'ascèse (tapas en sanskrit) nécessaire à effectuer pour parvenir en soi, au cœur de l'être, à cette transmutation. 



Héphaïstos civilisateur


Ainsi, Héphaïstos est l'archétype du forgeron, gardien du feu et des connaissances secrètes permettant de confectionner les objets qui confèrent aux hommes le pouvoir de prospérer et de fonder leur civilisation, en défrichant les forêts pour développer l'agriculture (socs de charrues, outils, jougs, fers), en  défendant leur terre pour devenir une nation autonome (armes, armures, boucliers, chars), en fondant l'autorité souveraine pour gouverner ces nations avec des symboles de pouvoir (sceptre, couronnes, trônes, parures, égides),  en rendant hommage  au défunts et en affirmant la survivance de l'âme en inhumant les morts par la manufacture des objets et lieux sacrés (temples, masques funéraires, autels, sépultures, statues, urnes funéraires). Et enfin c'est l'art de la forge qui permet à Héphaïstos de confectionner la plupart des outils de puissances utilisés par les dieux et les déesses,  (avec les Cyclopes, êtres du royaume souterrain, Héphaïstos fabrique le tonnerre et la foudre pour Zeus qui pourra ainsi lutter contre les Titans et les Géants, adversaires de la civilisation, des dieux et de l’unité cosmique). Ces outils et armes symbolisent ainsi le pouvoir que confère la forge au pouvoir sacré des divinités, archétypes des pouvoirs cachés en l'être humain et des forces activent dans le fondement des civilisations. 


Dans l’Hymne homérique qui lui est adressé, il est le dieu du feu et des arts, et associé à Athéna avec qui il arracha les hommes à la vie sauvage en leur apprenant les nobles travaux. A Athènes, à l'intérieur de l'ancienne Agora se dresse le temple d'Héphaïstos et Athéna construit peu après le milieu du Vème siècle av.J.C, c’ est l'exemple le mieux conservé du temple dorique en Grèce.

C'est à Athènes, au-dessus du Céramique (quartier des potiers dont la partie qui s'étendait en dehors des murs se trouvaient les jardins d'Académus - Académie), que ces deux divinités Héphaïstos et Athéna Ergane (inventrice des art), étaient honorées dans le même temple par les artisans du métal, les forgerons, et de la céramiques, les potiers.



Les Athéniens sont d'ailleurs parfois désignés  enfants d’Héphaïstos, rappelant ainsi les origines symboliques du fondement de l'origine de la civilisation dont Athènes est l'archétype.



Car Héphaïstos donna naissance avec Gaïa à Érichthonios, recueilli et élevé par Athéna, il deviendra le quatrième roi d’Athènes, quatre symbolisant la réalisation concrète, le symbole de toutes fondations qui se concrétisent sur la terre et qui s'élèvent d’elle. De plus, Héphaïstos est celui qui fera naître Athéna, déesse de la sagesse, en pourfendant de sa hache le crâne de Zeus. 

 

Platon, dans le Critias site la similitude d'Athéna et d’Héphaïstos en ces termes:





 « Héphaïstos et Athéna qui ont la même nature, et parce qu’ils sont enfants du même père, et parce qu’ils s’accordent dans le même amour de la sagesse (σοφία / sophía) et des arts (φιλοτεχνία / philotekhnía), ayant reçu tous deux en commun notre pays, comme un lot qui leur était propre et naturellement approprié à la vertu et à la pensée, y firent naître de la terre des gens de bien et leur enseignèrent l’organisation politique.»


 La mythologie concernant Héphaïstos est très riche, son nom apparait très souvent en lien avec des évènements ou des divinités, leur conférant un potentiel dans leur action.



 Giambattista Vico dans La Science Nouvelle, précise que les Romains célébraient les mariages par l'emploi solennel de l'eau et du feu. Le feu participait de l'élément fondateur des familles, réunis autour de leur foyer. Apparaître d’ailleurs dans l’Odyssée d’Homère la conception de Zeus en tant que dieu du foyer sous le nom d’Ephestios, étymologiquement proche d’Héphaïstos. Dans l’ouvrage de J.P Vernant, Mythe et pensée chez les grecs, il est précisé que dans les bâtiments publics des grandes cités se trouvait un feu perpétuel en l’honneur d’Hestia, déesse du foyer. Foyer de forme ronde est entouré de quatre piliers formant une cheminée de base rectangulaire. Les fumées montaient le long de ses piliers en s’évacuant par le toit  jusqu’au ciel. C’est par la fumée que le contact avec les divinités d’en haut mais aussi les dieux d’en bas, était assuré. Le foyer marquait ainsi l’axe par lequel se font pour les citoyens, habitants des citées, les échanges entre les différents niveaux de l’univers.


Sur la gravure placée en tête de l’ouvrage comme allégorie de l’œuvre, apparait un autel sur lequel sont posés le bâton augural, le feu sacré, la torche nuptiale et l'urne funéraire, symboles des premiers principes de la société.


Dans l'interprétation civile des mythes gréco-romains, tel que décrit par Giambattista Vico dans La Science Nouvelle, analysant les progrès corrélatif du droit et de l'état, Vulcain (Héphaïstos) qui forgea les éclairs par lesquels Jupiter- Zeus envoya la foudre, « représente le feu qui détruisit la grande forêt de la terre, figurée à son tour par l'Hydre, le Lion de Némée, la Chimère , etc. Saturne-Chronos, quant à lui est le principe des semailles, comme son nom l'indique (Saturne, de sata). Il est le temps, parce que c'est par les moissons que l'on compte les années ». Années comptées sur un cycle de douze mois que symbolise les douze travaux d'Hercule (Heraklès) dont l'étymologie est issue d'Héra, la déesse parèdre de Zeus, fille de Khronos et de Réha, renvoie à la notion du temps qui s'écoule sur l'année. C'est pourquoi l'étymologie nous précise  qu'Hera, fille de Réha, (similitude marquante),  que l'on retrouve dans le vieux nom indo-européen de l'année, a donnée en anglais year et en Allmeand Jhar pour nommer l'année. Tout se tient, pour peu que l'on remonte aux origines gréco-latines, et que l'on s'y intéresse.



L'art alchimique d'Héphaïstos à Vulcain


Héphaïstos dans la mythologie grecque devint Vulcain chez les romains. 



L'un comme l'autre incarne les forces telluriques du feu souterrain,  et sont la personnification du dieu des volcans, des forges et du métier de forgeron. 



Vulcain, Vulcanus en latin, est le dieu romain du feu, de la forge, des volcans, des métaux et le patron des forgerons. Fils de Jupiter et de Junon, il est l'époux de Vénus. Il réside sous l'Etna où il forge les traits de foudre pour son père. Il est honoré chaque année par les Volcanalia. Junon (Héra) aurait engendré Vulcain par parthénogénèse, afin de se venger de Jupiter qui venait de donner naissance à Minerve par le même procédé.


Le feu intérieur et la maîtrise du feu de Vulcain-Héphaïstos nous conduisent au centre de l'être, au coeur de la véritable transmutation alchimique. La symbolique alchimique d'Héphaïstos est explicitement renforcée par le fait qu'en tant que douzième dieu de l'Olympe, il est l'un des dieux immortels qui ne consomment que du nectar d’ambroisie comme nourriture.



 Le travail de la forge est inséparable du souffle. Cette maitrise du souffle dont est capable le forgerons fait de lui un être magicien, sacré, capable de maîtriser les énergies intérieures, le souffle vital, pour maitriser les énergies des éléments extérieurs que sont le feu et le métal provenant des minerais. Héphaïstos personnifie d'ailleurs l'archétype du forgeron capable de concilier et dompter les puissances souterraines pour en faire émerger la forme voulue et conçue par son esprit, puis créée de ses mains. Le forgeron est dans ce sens aussi le symbole du chaman comme chez les Yakoutes de Sibérie. Le premier forgeron, le premier chaman, et le premier potier étaient frères dans la mythologie yakoute. Par la maîtrise des souffles internes les Yakoutes de Sibérie sont d'ailleurs capable de générer une troisième dentition à un âge avancé pour continuer à se nourrir de leur première source de nourriture qu'est la viande, crue majoritairement. Au centre de l'être une véritable forge tel un chalumeau s'éveille lorsque nous canalisons et faisons circuler les énergies du Hara, du centre générateur des énergies vitales. Les exercices tantriques peuvent conduire à réveiller ce formidable chalumeau intérieur, très déstabilisant lorsqu'il s'ouvre soudainement, pouvant s'accompagner d'une extériorisation des corps subtils, nous catapultant hors du corps pour un vol "magique" comme disent les chamans... 



Héphaïstos archétype de transformation vers le corps divin


Héphaïstos est l'archétype de cette forge intérieure que l'être humain doit découvrir, éveiller et activer avec l'aide de la lumière divine en appelant cette lumière d'en haut et en plongeant au coeur de l'être avec le pouvoir de cette lumière pour révéler et éveiller celle qui est cachée dans la matière. Lumière-conscience qui est involuée au coeur de la matière et que l'Homme doit découvrir et s'y abandonner, s'y soumettre pour parfaire l'évolution en émergeant vers l'être divin, en un corps divin.



Le centre du cœur est la clef pour parvenir au corps divin.  



Tel est l'objet "Le quadrilatère DIN-HESED-HOD-NETSAH", dans LE SYMBOLISME DU CORPS HUMAIN d'Annick de Souzennelle:



"Le chakra du coeur, inséparable de celui de l'ombilic, dans la perspective du Grand'OEuvre est feu. Il constitue essentiellement le sommet du triangle Hesed-Din-Tiphereth dans la Séphirah Tiphereth (Beauté) icône de Kether (Couronne).

C'est dans le secret de ce triangle thoracique — de ce «champ de cinabre », matrice nouvelle d'immortalité, disent les Chinois —  que l'Homme se rencontre avec lui-même dans des mariages successif, jusqu'au coeur de son féminin, jusqu'à sa dernière terre qui recèle le noyau, son NOM.



Matrice de feu, cette partie de notre corps est couramment décrite dans de nombreux mythes de l'humanité sous le symbole d'une forge.



Le maître de forge, en Grèce, est Héphaïstos — Vulcain — ou dieu du feu. Il est boiteux ! Il œuvre dans les profondeurs de la terre avant de devenir le forgeron céleste. Il cisèle la couronne des élus; tourne aussi les coupes dans lesquelles sera recueilli le vin d' Ambroisie et façonne la cuirasse des héros.



Ces derniers symboles nous indiquent que, dans les profondeurs souterraines, Héphaïstos œuvre pour les plus hauts plans d'évolution. Ses aides sont les Cyclopes, géants dont l'œil frontal voit — comme en Inde celui de Shiva — tout ce qui doit être détruit pour faire jaillir de cette mort la vie, de cette décomposition la beauté, de ces ténèbres la lumière.



Le premier forgeron que le mythe biblique nous propose est Tubal-Qaïn (Genèse, IV, 22.), fils de Lemekh et descendant d'Adam par Qaïn à la septième génération. Le nombre 7 (sheva en hébreu, mot bien proche du nom du dieu hindou Shiva !) est symbole de changement de cycle, de mort pour une résurrection.



Tubal-Qaïn, le forgeron, a pour soeur Naamah, dont le nom signifie « Beauté », synonyme de Tiphereth. Naamah est aussi intimement liée à son frère que sont liés en Tiphereth l'épreuve de feu et de la Beauté.



Seul naîtra à la Beauté, à la splendeur de la Lumière divine, celui qui, poussière ﬧתּﬠ, aura connu l'épreuve du feu et sera devenu cendre אּתּﬠ. Il aura transformé le Ayin en Aleph , le 7 en 1. Mort et ressuscité, il entrera dans les splendeurs éternelles."



Au Moyen Orient dans la tradition islamique qui puise à la foi dans la mystique et dans l'alchimie arabe, léguée par la tradition Égyptienne antique. Les soufis parlant de Soufre Rouge pour décrire celui qui est sur la voie d'unir son âme à Dieu, terme faisant allusion au Souffre Rouge utilisé dans l'alchimie par les forgerons initiés en ce sens.




Epilogue:  Héphaïstos ou la recherche de l'équilibre

Héphaïstos, forgerons de lumière, symbolise l'archétype primordiale des forces telluriques et subconscientes, qui une fois maitrisées nous donnent accès à la Lumière divine et à la suprême Connaissance. Il est le gardien humble de nos tréfonds cachés qu'ils nous aident à découvrir par un patient labeur et une ascèse yoguique -tapasya- profonde, imperturbable et régulière. Fort de son savoir que seuls les Dieux peuvent maîtriser, et qui ne peut être mis qu'au service des divinités, Héphaïstos nous enseigne à ne pas acquérir des pouvoirs dans un but personnel mais pour l'offrir au divin. Humble, de la taille d'un nain, il reste au fond de sa forge, proches des souterrains, travaillant dans l'ombre, cantonné par son handicap physique à œuvrer ici et maintenant, en soi, conscient du potentiel de puissance que la maitrise des éléments peut engendrer. Une humilité et une absence personnelle de désir de conquête ou de possession lui permettent d’œuvrer consciemment pour la perfection de soi, et pour celle du monde en confectionnant des outils utilisés à bon escient et raisonnablement... 

L'art de la forge donne naissance à l'industrie, qui, mis au service de l’égoïsme et de la domination, abouti à l'asservissement et à l'esclavage de l'humain par la machine, ainsi qu’à la destruction du milieu biologique et écologique... Héphaïstos symbolise la mise en garde d'un savoir faire exclusif fruit de la technique, au détriment du savoir être, fruit de la sagesse. Science sans conscience n'est que ruine de l'âme... L'équilibre est instable et doit être gardé. C'est ce que symbolise Héphaïstos le dieu boiteux. La claudication tout comme la mutilation, marquent la relation plus ou moins stable entre deux monde, le monde igné et aquatique, nécessaire au travail de la forge, symbolisant les énergies solaires et lunaires, les forces chtoniennes et ouraniennes. De cette capacité de relier tous les mondes, Héphaïstos, dieu aux nombreux pouvoirs se situant entre deux mondes, nous renvoie à la responsabilité que constitue une telle somme de savoir et savoir-faire et des conséquences d'en user, si ce n'est d'en abuser pour contrôler la réalité et assouvir notre volonté.


Héphaïstos, gardien des forges de lumière guide nous avec habilité dans notre conquête  de la Lumière au service de la Sagesse !



Sylvère