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20/02/2020

LE PRINCIPE DE LA MÉDITATION SELON KRISHNAMURTI




La conscience est si pure que quoi que vous fassiez dans le sens de purifier cette conscience, cela y ajoute de l'impureté.
Uppaluri Gopala Krishnamurti

Si, pendant la journée, vous êtes attentif à tous les mouvements de votre pensée, à ce que vous dites, à vos gestes – comment vous vous sentez, la façon dont vous marchez, dont vous par­lez –, si vous êtes attentif à vos réponses, alors toutes les choses cachées apparaissent facilement au grand jour. Dans cet état d'attention lucide, éveil­lée, on peut tout découvrir. La plupart d'entre nous ne sont pas attentifs. Se rendre compte de cette inattention est déjà une attention.
La méditation n'est pas une fragmentation de la vie ; elle ne consiste pas à se retirer dans un monastère ni à s'enfermer dans une pièce tranquillement assis pendant 10 minutes ou une heure à essayer de se concentrer pour apprendre à méditer tandis qu'on demeure, le reste du temps, un être humain laid et désagréable.

Pour percevoir la vérité, on doit posséder un mental très affuté, clair et précis - pas un mental astucieux, torturé, mais un mental capable de regarder sans aucune distorsion, un mental innocent et vulnérable. Un mental plein de connaissance ne peut pas non plus percevoir la vérité ; seul un mental qui possède une complète capacité d'apprendre peut y arriver.
Il est également nécessaire que le corps et le mental soient très sensibles – avec un corps maladroit, lourd, chargé de vin et de nourriture, ce n'est même pas la peine d'essayer de méditer. Par conséquent, le mental doit être très éveillé, sensible et intelligent.

Voici les trois besoins basiques pour découvrir ce qui est au-delà des capacités de la pensée :
1.  On doit produire un état de très grande sen­sibilité et de très grande intelligence du mental.
2.    Celui-ci doit pouvoir percevoir les choses de façon logique et ordonnée.
3.    Le mental doit être hautement discipliné.

Un mental qui voit les choses très clairement, sans aucune distorsion, sans préjugés personnels, a compris le désordre et est libéré de celui-ci. Ce mental est alors vertueux, ordonné. Seul un mental très ordonné peut être sensible, intelligent.
Il faut rester attentif au désordre qui existe à l'intérieur de chacun, attentif à toutes les contradictions, aux luttes dualistes, aux désirs opposés, toujours attentif aux activités idéologiques et à leur irréalité. On doit observer « ce qui est » sans le condamner, sans le juger, sans l'évaluer.
La perception alerte, la compréhension, est un état du mental quand il se trouve dans le silence complet, un silence dans lequel il n'existe plus aucune opinion.
Il s'agit réellement d'écouter depuis ce silence. Et c'est seulement à cette condition que nous pouvons comprendre quelque chose qui n'est pas enveloppé de pensée. La méditation, c'est cette attention, ce silence.
Comprendre le maintenant est l'immense problème posé par la méditation. Comprendre le passé, voir où se trouve son importance, voir la nature du temps, tout cela est la méditation.
La méditation est pleine de beauté. C'est une chose extraordinaire. La méditation n'est pas « comment méditer ». La méditation est la compréhension de soi et elle implique donc de cimenter l'ordre – qui est vertueux – dans lequel existe cette qualité de discipline qui n'est ni un asservissement ni une imitation. Un mental comme celui-ci se trouve alors dans un état de méditation.
Méditer implique de voir très clairement et il est impossible de voir clairement ni d'être complètement impliqué dans ce qu'on voit quand il y a un espace entre l'observateur et la chose observée. Quand il n'y a pas de pensée, quant pas d'information sur l'objet, quand il n'y a ni plaisir ni déplaisir mais seulement une attention complète, alors un espace disparaît et on est dans une relation complète avec telle fleur, avec tel oiseau qui vole, avec le nuage ou avec un visage.
Le mental inattentif, qui sait par expérience ce qu'est être attentif, peut dire : « Puis-je être attentif tout le temps ? ». Ce à quoi on doit rester attentif est donc l'inattention. Être éveillé à l'inattention, et non pas à comment maintenir son attention. Si le mental se rend compte de l'inattention, il est déjà attentif – il n'y a plus rien à faire.
La méditation demande une formidable base de droiture, de vertu et d'ordre. Il ne s'agit pas d'un état mystique ou visionnaire induit par la pensée, mais de quelque chose qui devient naturel et facile lorsqu'on a établi les bases d'une conduite droite. Sans de telles bases, la méditation devient simplement une échappatoire, un fantasme. Il faut donc que ces bases soient bien installées pour méditer.
Ceux qui méditent professionnellement nous disent qu'il est nécessaire d'exercer le contrôle. Lorsqu'on prête attention au mental, on voit que la pensée vagabonde sans direction, c'est pourquoi nous tirons dessus en essayant de l'assujettir. La pensée s'égare à nouveau et nous l'assujettissons encore, et le jeu continue ainsi infiniment. Si l'on parvient à contrôler le mental de façon si complète, pour qu'il ne divague pas du tout, nous aurons alors atteint – c'est du moins ce que nous croyons – le plus extraordinaire des états.
Mais en réalité, c'est tout le contraire : on n'aura absolument rien atteint. Le contrôle implique la résistance. La concentration est une forme de résistance qui consiste à réduire la pensée à un point particulier. Et lorsque le mental est éduqué à se concentrer complètement sur une seule chose, il perd de son élasticité, de sa sensibilité, et il devient incapable de capter le champ total de la vie.
Le principe de la méditation est la connaissance de soi, elle implique de se rendre compte de tous les mouvements de la pensée et des sentiments, de connaître toutes les couches de la conscience, non seulement superficielles mais aussi cachées, ses activités profondes. C'est pourquoi le mental conscient doit être absolument serein, calme, afin de recevoir la projection de l'inconscient.
Le mental superficiel peut seulement atteindre la tranquillité, la paix sereine, en comprenant ses activités propres, en les observant, en se rendant compte de celles-ci. Quand le mental se rend pleinement compte de toutes ses activités, à travers cette compréhension, il reste en silence spontanément ; alors l'inconscient peut se projeter et affleurer. Lorsque la totalité de la conscience a été libérée, elle est en condition de recevoir l'éternel.
Entre deux pensées survient une période de silence qui n'est pas en relation avec le processus de la pensée. Si vous observez, vous verrez que cette période de silence n'est pas du temps, et la découverte de ce petit intervalle, le ressenti de celui-ci vous libère du conditionnement.
La méditation n'est pas un moyen. Découvrir à tous les moments de la vie ce qui est vrai et ce qui est faux, c'est cela méditer. La méditation n'est pas quelque chose par lequel on s'échappe. Ni même quelque chose par lequel on a des v1sions et toutes sortes d'émotions. Mais la vigilance quotidienne, observer comment opère la pensée, voir fonctionner le mécanisme de défense, voir les ambitions, les convoitises et les envies, surveiller tout cela, enquêter tout le temps, voilà ce  qu'est la méditation, ou une partie de la méditation.
Vous n'avez besoin de faire appel à une personne pour qu'on vous dise ce qu'est la méditation ou pour  qu'on vous donne une méthode. Je  peux le découvrir très simplement en me surveillant. Personne n'a besoin de me le dire ; je le sais. Nous voulons aller loin sans faire le premier pas.  Et vous verrez que si vous faites le premier pas, ce sera le dernier. Il n'y en aura pas d'autre à faire.

Uppaluri Gopala Krishnamurti (U.G. KRISHNAMUTI)