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Évolumière...

Évolution et Lumière, évolution dans la lumière et par la lumière!

La création de ce site part du constat que chaque chercheur sur le chemin de l'évolution spirituelle est un trouveur potentiel ou effectif, pouvant dans un partage sincère de ses expériences, accomplir des ouvertures pour d'autres consciences en développement... Lire la suite

RELIANCE SHAMANIQUE




Trop souvent dans la recherche spirituelle il est exclusivement question d'intégrer notre dimension humaine et divine. Certes, c'est déjà une grande avancée, fruit d'une évolution spirituelle dont la nécessité est de considérer l'homme dans sa dimension divine tout en reconnaissant son humanité. Mais pour faciliter cette intégration il est nécessaire de plonger en soi dans les racines évolutives de notre humanité, racines qui incluent les éléments vitaux en nous, consécutif de la courbe évolutive parcourue depuis le minéral jusqu'à l'homme en passant par le végétal et l'animal. Cette part animale en nous est ce qui nous relie le plus directement avec cette partie vitale, avec les différents stades de l'échelle évolutive que nous portons en notre être. Cette présence des forces de la nature par le biais de la présence animale a été occultée, anéantie même par les grandes religions monothéistes afin de servir les intérêts d'un dogme au service de l'avoir et non de l'être.

Le divin fût lui-même relégué dans des sphères inaccessibles, et pour le rendre encore plus inaccessible, les anciennes pratiques du paganisme ont été détruites, substituées ou diabolisées, opérant un double mouvement de rejet à la fois extérieur par le rejet des forces de la nature, et à l'intérieur par le refoulement de la part animale sur laquelle s'est fondée l'étape humaine de l'évolution. Rejetant la nature, la religion rejetait aussi le corps dont les fonctions étaient par trop naturelles pour être intégrées dans la réalité divine.  En excluant l'animal et les forces de la nature dont l'animal servait de médiateur direct, on reléguait aussi au rang des oubliettes la vie végétale et minérale qui ont servi aussi de base évolutive pour la vie, jusqu'au développement humain actuel. La spiritualité devint un moyen de fuite hors d'un monde voué à être ainsi pour l'éternité une sorte d'enfer inextricable. Les notions de salut, de libération, de nirvana, se sont forgées et affirmées comme seuls horizons de notre âme, comme seuls buts de l'existence et de la quête spirituelle. La matière perdant alors son sens véritable. Cette perte du sens véritable du pourquoi de la matière et du monde manifesté a induit une spiritualité unijambiste, qui propose à l'homme une réalisation bancale où le but est de se libérer hors de la manifestation, synonyme d'ignorance, d'illusion, d'attraction, de pesanteur spirituelle, de perdition. Hors, cette coupure est en elle-même une nescience du divin dans sa totalité et du pourquoi de tout ce qui est, car le divin est présent et à la source de tout ce qui est. Une réalisation dans un aspect intégral du divin inclue donc une réalisation de l'unité de la matière en notre corporalité même, en nos cellules sans discontinuité avec toute la matière de l'univers manifesté, offrant ainsi une libération bien plus complète que la seule libération au plan de l'âme, dans une identification à la Conscience témoin et Absolue ou autres aspects du divin, réellement essentiels et incontournables, mais néanmoins incomplets. Voilà pourquoi la courbe ascendante de l'évolution doit être réintégrée en nous-mêmes en retournant dans la courbe descendante de l'évolution pour intégrer tous ces niveaux à la lumière de notre supraconscience. Bien que ce but puisse de prime abord sembler inconcevable et lointain pour notre mentalité , il n'en est pas moins logique de par l'intuition que nous pouvons en avoir, et vérifié par la voie même que Sri Aurobindo a tracée. Commencer par concevoir une unité de toute vie en nous et une intégration ainsi qu'un respect de toutes les formes de vie que nous portons en nous même, tout autant qu'à l'extérieur de nous-mêmes, puisque tout est inclus dans notre conscience; et que conscience, matière et énergie sont un continuum, concevoir cela est un premier pas pour une spiritualité qui se voudra intégrale et véritablement transformatrice. Dans cette optique certaines expériences à caractère chamanique peuvent se manifester et trouver toute leur place et aussi leur sens. L'expérience spontanée d'un animal tutélaire au cours du développement spirituel ne signifie pas tant une reliance et une affinité avec l'univers des pratiques shamaniques et un engagement à prendre en ce sens, qu'une ouverture à diverses possibilités spirituelles de se relier au Tout et d'en faire expérience par des voies que seul le divin ouvre pour nous afin de Le découvrir et de Le réaliser par d'autant de chemins possibles et dans le but d'un développement spirituel intégral autant que faire se peut. Les animaux chez les peuples Dénés par exemple, existent bel et bien comme des créatures spirituelles, possédant une âme de même nature que celle des humains et ont un esprit qui leur permet de rêver et de chamaniser. Ces approches sont corroborées par les recherches modernes. Ainsi, l'anthropologue Philippe Descola émet la même idée en précisent que « les Indiens considèrent toutes les espèces vivantes comme des personnes, donc comme des voisins, alors que l'orientation environnementaliste et écologique insiste pour protéger ces espèces ». C'est cependant un premier pas salutaire, et une prise de conscience que l’humanité devra rapidement effectuer.  En effet, comme le souligne l'anthropologue Pascal Picq : « Pourquoi préserver la biodiversité? Parce que l'évolution d'une espèce ne peut être isolée des autres espèces, des plantes, des climats, des milieux. Moins il y a de biodiversité, plus on risque l'extinction de tous les humanoïdes. » Dans ce rapport de réciprocité entre les espèces, Philippe Descola précise que « Les Indiens Achuars développent avec le gibier des relations d'affinité, une sorte de rapport de parenté sans consanguinité comme celui que l'on a avec son beau-frère. » Il en est de même chez les peuples d'Afrique : « Pour les Bodis, peuple de pasteurs et de guerriers d'Éthiopie, le bétail n'appartient pas au monde animal, mais à celui de l'espèce humaine. Chaque individu choisit son bovin favori auquel il s'identifiera toute sa vie ». Ces idées sont corroborées par le père de l'écologie moderne, l'estonien Jakob Johann von Uexküll avec le concept de l' Umwelt  (monde vécu) qui présuppose une pluralité de mondes distincts et communicants, alors que la science voyait avant lui un monde unique contenant en lui-même toutes les espèces vivantes ordonnées selon une hiérarchie qui les subordonne à la position de l'homme. Le philosophe et éthologue Dominique Lestel, dont la démarche « consiste à repenser qui nous sommes en nous replaçant dans le vivant et non plus contre lui » et de « soutenir une façon de penser l'humain qui ne passe pas pas par le propre de l'homme et qui caractérise ce dernier comme un animal particulier et non comme un homme spécial », émet l'hypothèse que « l'homme est devenu humain à travers ses agencements avec l'animal, en inventant des façons de vivre en commun, et non en se séparant de lui ».   A la question de savoir si l'on peut par conséquent considérer qu'un animal est une personne, Dominique Lestel dans le hors série de Télérama « Bêtes et Hommes, je t'aime, moi non plus » publié à l'occasion de l'exposition du même nom à la grande Halle de la Villette en 2007- 2008, répond que « oui, si on le fait avec précaution » (...), « que tout animal, y compris une bactérie est un sujet, car tout animal interprète le monde dans lequel il vit et aucun n'a jamais pu être caractérisé de façon satisfaisante comme un système mécanique » et que « certains animaux sont de surcroît des individus ». Nous voyons donc l'importance de reconsidérer le rapport au monde vivant, aux espèces cohabitant les unes avec les autres sur la planète Terre et évoluant de concert, de reconsidérer ce rapport tant au niveau écologique, mais aussi relationnel dans notre équilibre physique, aussi bien que psychique, psycho-affectif, et spirituel. Ces idées ont une portée très intéressante et fondamentale qui rejoint le mode d'appréhension du réel des peuples amérindiens pour qui les animaux sont donc à juste titre considérés comme des gens ou personne. C'est pourquoi dans ces civilisations il est question de gent-animale et les pratiques dites chamaniques vont consister à expérimenter cette réalité de reliance aux animaux pour approfondir le lien spirituel qui nous unis à eux, recevoir les bénéfices qu'ils peuvent nous transmettre dans notre vie quotidienne et surtout dans la capacité à nous donner le pouvoir de réalisation d'union au « Grand Esprit », à l’Être suprême, au divin.
Au cours de notre développement spirituel, il est tout à fait possible de rentrer en contact avec des aspects du Divin et d’en faire l’expérience au sein de notre conscience. 

Nous pouvons rentrer consciemment en contact avec de nombreuses formes représentant un aspect du divin. Ce contact, cette reliance, peut aussi s'établir par l'intermédiaire des formes du monde vivant, qu'elles soient humaines, animales, végétales, minérales, voir même aussi au travers de simples objets. Nous pouvons trouver ici les fondements des pratiques dites chamaniques, chamaniques au sens d'une expérience consciente avec la Conscience de tout Ce qui Est et que tout ce qui constitue le monde manifesté est habité par cette conscience et peut en être un pouvoir d'expression, chaque créature étant en son essence un médiateur de ce pouvoir d'expression. La "shaman" percevant la Nature comme le corps du divin et entrant en relation avec elle et ses habitants pour s'unir au divin. C'est par une communication spirituelle avec ces formes que celles-ci nous transmettent des qualités pour notre conscience. Qualités d’alignement, de régénération, d’expansion...Nous voyons là que la prise en compte de la forme et l’invocation des formes (entités vivantes physiques ou non-physiques, ou objets) représentatives du divin ou participant de sa nature, peuvent nous donner la capacité d’entrer en contact avec le divin dans son essence, peuvent nous donner la capacité de nous éveiller à la réalité ultime, car c’est bien cela dont il s’agit essentiellement, quelle que soit la pratique suivie.

Sylvère