LA MORT DE SOCRATE
La vérité, c’est Dieu. Le soleil, se levant aux sommets de l'Hymette, Du temple de Thésée illuminait le faîte, Et, frappant de ses feux les murs du Parthénon, Comme un furtif adieu, glissait dans la prison. On voyait sur les mers une poupe dorée, Au bruit des hymnes saints, voguer vers le Pirée, Et c'était ce vaisseau dont le fatal retour Devait aux condamnés marquer leur dernier jour ; Mais la loi défendait qu'on leur ôtât la vie Tant que le doux soleil éclairait l'Ionie, De peur que ses rayons, aux vivants destinés, Par des yeux sans regard ne fussent profanés, Ou que le malheureux, en fermant sa paupière, N'eût à pleurer deux fois la vie et la lumière ! Ainsi l'homme exilé du champ de ses aïeux Part avant que l'aurore ait éclairé les cieux. Attendant le réveil du fils de Sophronique, Quelques amis en deuil erraient sous le portique Et sa femme, portant son fils sur ses genoux, Tendre enfant dont la main joue avec les verrous...