La connaissance doit être militante
S'adressant au pauvre, à l'opprimé, à l'ignorant, la religion a cherché à captiver l'âme et la partie morale de l'individu, mais elle s'est fort peu souciée — ou pas du tout — du mental pensant, satisfaite de le laisser dans l'obscurité si le coeur pouvait être persuadé de sentir la vérité religieuse. De même, quand les barbares s'emparèrent du monde occidental, l'Église se contenta de les christianiser mais ne considéra pas que ce fût son rôle de les intellectualiser. Se méfiant même du libre jeu de l'intelligence, l'esprit clérical et monastique chrétien devint anti-intellectuel, laissant aux Arabes le soin de réintroduire les rudiments d'une connaissance scientifique et philosophique dans une chrétienté semi-barbare, puis à l'esprit semi-païen de la Renaissance, suivi d'une longue lutte de la religion et de la science, le privilège de compléter le retour d'une libre culture intellectuelle et la réémergen...